Origine et histoire du Musée Albert et Félicie Demard
Le musée départemental Albert et Félicie Demard trouve son origine dans la passion d’Albert Demard (1910–1980), né à Champlitte dans une famille modeste, et de son épouse Félicie (1903–2003). Issu d’un milieu paysan, Albert exerce divers métiers (pâtre, ouvrier-tanneur, jardinier) avant de se consacrer, avec Félicie, à la préservation du patrimoine rural. Dans les années 1950, alors que l’exode rural et la modernisation agricole transforment les campagnes, le couple commence à collecter mobilier, outils et objets témoignant de la vie paysanne haut-saônoise entre 1880 et 1915. Leur fils, Jean-Christophe, les rejoint dans cette entreprise familiale.
Fondé officiellement en 1957 sous le nom de musée départemental d’Arts et Traditions populaires, l’établissement s’installe dans le château de Champlitte, un édifice mêlant une aile du XVIe siècle et des extensions du XVIIIe. Devenu musée départemental en 1963, il propose une immersion dans la société rurale du tournant du XXe siècle, à travers des reconstitutions d’intérieurs paysans (salles communes, ateliers de forge ou de dentelle), de commerces (café, épicerie) et d’espaces communautaires. Les salons du rez-de-chaussée, ornés de papiers peints panoramiques évoquant les voyages du capitaine Cook, restituent quant à eux l’atmosphère nobiliaire du XVIIIe siècle, en lien avec l’histoire des anciens propriétaires, la famille De Toulongeon (jusqu’en 1825).
Le musée aborde aussi des thèmes moins conventionnels, comme la médecine populaire, la contrebande d’allumettes ou d’alcool, ou l’émigration des habitants de Champlitte (Chanitois) vers le Mexique au XIXe siècle. Sous l’orangerie, un espace est dédié à la vigne et aux pressoirs, rappelant l’importance viticole locale. Albert Demard, fondateur du groupe folklorique Les Compars de Chanitte, a également œuvré pour la revitalisation des fêtes traditionnelles, comme celle de Saint-Vincent. Après sa mort en 1980, le musée est rebaptisé en son honneur, puis étendu à Félicie après son décès en 2003. Il bénéficie aujourd’hui du label Musée de France.