Origine et histoire du Musée de la Tapisserie
La Cité internationale de la tapisserie à Aubusson, en Nouvelle-Aquitaine, est née de la transformation de l’ancien musée départemental de la tapisserie, fondé en 1982 par André Chandernagor au Centre culturel Jean-Lurçat. Ce musée initial présentait l’histoire tissée locale depuis le XVe siècle, mais son évolution vers une « Cité » a été impulsée par l’inscription des savoir-faire d’Aubusson au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2009. Un syndicat mixte, créé en 2010 avec le soutien de l’État et des collectivités, a alors piloté la réhabilitation des locaux de l’École nationale d'art décoratif d'Aubusson, inaugurés en 2016 sous la présidence de François Hollande.
Le projet s’articule autour de quatre missions : conserver un fonds de 660 tapisseries et 18 000 œuvres graphiques (dont des pièces du XVe au XXIe siècle), transmettre les techniques via un centre de formation, créer des œuvres contemporaines (comme les tentures inspirées de Tolkien ou Miyazaki), et valoriser l’écosystème local. La scénographie innovante, signée Frédérique Paoletti, inclut des espaces immersifs comme La Nef des tentures (600 m2) ou Les Mains d’Aubusson, mettant en lumière la collaboration historique entre artistes et lissiers.
Depuis 2016, la Cité a diversifié ses activités avec des grandes tentures événementielles (ex. Aubusson tisse Tolkien, 14 pièces tissées d’après les dessins de J.R.R. Tolkien), des partenariats internationaux (Studio Ghibli pour Hayao Miyazaki), et des expositions itinérantes (Japon, Exposition universelle d’Osaka 2025). Son fonds contemporain, enrichi par des appels à création et des mécénats, compte une quarantaine d’œuvres, dont des pièces de Nicolas Buffe ou Françoise Pétrovitch. La fréquentation annuelle (60 000 visiteurs) en fait le site muséal le plus visité du Limousin.
L’institution joue aussi un rôle économique en protégeant les indications géographiques (Tapisserie d’Aubusson, Tapis d’Aubusson), homologuées en 2018 pour lutter contre la contrefaçon. Son centre de ressources, fort de 16 500 ouvrages, est le premier en Europe sur ce domaine. La gouvernance, assurée depuis 2017 par Valérie Simonet (présidente du conseil départemental de la Creuse) et Emmanuel Gérard (directeur), mise sur l’innovation, comme en témoigne la deuxième tranche de développement (2023) ajoutant un Pôle professionnel et des espaces d’expositions temporaires.
Les événements marquants incluent le Prix Liliane Bettencourt 2018 pour la revitalisation des savoir-faire, et des cérémonies de « tombées de métier » (dévoilements de tapisseries) présidées par des personnalités comme Emmanuel Macron ou des ambassadeurs étrangers. La Cité collabore avec des artistes contemporains (Raphaël Barontini, Mathieu Mercier) et des institutions (Mobilier national), tout en perpétuant la tradition des tapisseries à quatre mains — une singularité aubussonnaise saluée par l’UNESCO.