Origine et histoire du Musée Maurice-Denis
Le musée départemental Maurice-Denis « Le Prieuré » occupe un ancien hôpital général royal fondé en 1682 par la marquise de Montespan à Saint-Germain-en-Laye. Les bâtiments, construits entre 1686 et 1698 (chapelle datée par dendrochronologie), furent désaffectés en 1803, transformés en tannerie puis en maison de retraite par les Jésuites en 1875. Ce site historique, marqué par des réaffectations successives, devint un lieu clé de l’histoire locale avant son acquisition par Maurice Denis en 1913.
En 1910, Maurice Denis loua ce domaine, ancien hôpital royal du XVIIe siècle, pour en faire son atelier et sa résidence familiale. Il l’acheta en 1914, le rebaptisant « Le Prieuré », et y accueillit des artistes nabis comme Paul Sérusier, Pierre Bonnard ou Édouard Vuillard. Entre 1915 et 1928, il rénova la chapelle avec l’architecte Auguste Perret, créant vitraux, peintures murales et mobilier liturgique en hommage à sainte Marthe, après la mort de son épouse en 1919. La chapelle, consacrée en 1922, servit d’église de quartier jusqu’à sa mort en 1943.
De 1943 à 1973, le bâtiment abritera un institut médico-pédagogique. En 1976, grâce à la donation d’œuvres par la famille Denis, le conseil départemental des Yvelines en fit un musée dédié à l’art nabis et symboliste. Classé monument historique la même année, il rouvrit en 2021 après des travaux, et un partenariat avec le musée d’Orsay fut signé en 2024 pour promouvoir ses collections.
Le musée expose des œuvres majeures de Maurice Denis, Paul Gauguin, Odilon Redon, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, et d’autres nabis, ainsi que des vitraux signés Albert Besnard ou Gruber. La chapelle, joyau du site, et le parc arboré complètent cette immersion dans l’univers artistique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Des expositions temporaires et des activités culturelles y sont régulièrement organisées.
Architecturalement, le Prieuré allie un héritage classique (aile ouest de 1692, chapelle de 1698) et des aménagements modernes, comme l’atelier conçu par Auguste Perret en 1912. Ce mélange de styles reflète son histoire mouvementée, de l’Ancien Régime à son rôle actuel de conservatoire de l’avant-garde artistique française.