Frise chronologique
1310
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1310 (≈ 1310)
Autorisation papale de Clément V pour les Augustins.
2 novembre 1789
Bien national
Bien national
2 novembre 1789 (≈ 1789)
Décret de confiscation des biens du clergé.
27 août 1795
Ouverture du musée
Ouverture du musée
27 août 1795 (≈ 1795)
Inauguration comme « Muséum du Midi ».
31 août 1801
Décret Chaptal
Décret Chaptal
31 août 1801 (≈ 1801)
Répartition des œuvres d’art entre 15 villes.
1873-1901
Rénovation par Viollet-le-Duc
Rénovation par Viollet-le-Duc
1873-1901 (≈ 1887)
Transformation du bâtiment et escalier monumental.
19 décembre 2025
Réouverture prévue
Réouverture prévue
19 décembre 2025 (≈ 2025)
Fin des travaux de modernisation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Clément V - Pape |
Autorisa la fondation du couvent en 1310. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte |
Dirigea la rénovation du musée (1873-1901). |
| Jean-Antoine Chaptal - Ministre de l’Intérieur |
Organisa les envois d’œuvres en 1801. |
| Alexandre Du Mège - Archéologue et collectionneur |
Contribua à l’enrichissement des collections gothiques. |
| Alexandre Falguière - Sculpteur toulousain |
Figure majeure de l’école toulousaine du XIXe siècle. |
| Anna Jaffé - Collectionneuse spoliée |
Propriétaire du *Grand Canal* de Guardi restitué. |
Origine et histoire
Le musée des Augustins de Toulouse trouve son origine dans la Révolution française. Créé par décret du 23 décembre 1793 et inauguré le 27 août 1795, il s’installe dans l’ancien couvent des Augustins, devenu bien national après la suppression des ordres monastiques en 1789. Ce couvent, fondé en 1310 sous l’autorisation du pape Clément V, fut un lieu religieux majeur jusqu’à sa désaffectation. Les premières collections, issues des saisies révolutionnaires et des œuvres de l’Académie royale de Toulouse, en firent un « Muséum du Midi de la République », l’un des premiers musées publics de France, ouvert peu après le Louvre.
Au début du XIXe siècle, le musée bénéficie des envois de l’État dans le cadre du décret Chaptal (1801), qui répartit les œuvres confisquées dans les territoires conquis entre quinze villes françaises. Toulouse reçoit ainsi plus de 600 tableaux entre 1802 et 1811, dont des œuvres majeures de Pérugin, Rubens ou Guido Reni. En 1808, Napoléon confirme la cession définitive du couvent à la ville pour un usage muséologique. L’architecte Jacques-Pascal Virebent transforme l’église en « temple des Arts » dans les années 1820-1830, avant qu’Urbain Vitry n’achève les aménagements en 1831. Le musée s’enrichit alors de dons et legs, comme celui du docteur Louis La Caze en 1869.
La seconde moitié du XIXe siècle marque un tournant avec la rénovation confiée à Eugène Viollet-le-Duc à partir de 1873. Ce dernier conçoit un escalier monumental et restructure le bâtiment, tandis que l’École des beaux-arts quitte les lieux en 1895. Au XXe siècle, des restaurations majeures (1950-1980) redonnent à l’église son aspect gothique originel, avec une nef unique et un chevet voûté en étoile. Le musée, fermé pour travaux depuis 2019, doit rouvrir progressivement à partir de décembre 2025 après une modernisation complète (accessibilité, scénographie, restauration des cloîtres).
Les collections du musée sont exceptionnelles, avec plus de 4 000 pièces couvrant la peinture et la sculpture du XIIe au XXe siècle. La section romane, issue des basiliques Saint-Sernin et de la Daurade, compte parmi les plus riches au monde pour ses chapiteaux et sculptures. Les écoles françaises (Rigaud, Vigée Le Brun, Toulouse-Lautrec), italiennes (Pérugin, Guerchin) et nordiques (Van Dyck, Rubens) y sont largement représentées. La sculpture gothique, notamment les œuvres de la chapelle de Rieux et la statue de Notre-Dame de Grasse, illustre l’évolution artistique méridionale.
Le jardin du musée, recréé en 1995, s’inspire des plans monastiques médiévaux avec quatre espaces dédiés : un jardin d’agrément, un Herbularius (plantes médicinales), un potager (Hortus) et un verger (Arboretum). Ces parcelles, organisées selon le modèle de l’abbaye de Saint-Gall, cultivent 112 espèces végétales utiles aux moines. Le cloître, restauré au XXIe siècle, abrite des colonnes et chapiteaux du XIIe siècle, tandis que des fouilles archéologiques récentes ont permis de mieux comprendre l’histoire du site.
Le musée des Augustins joue également un rôle dans la restitution d’œuvres spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Sept tableaux classés MNR (Musées Nationaux Récupération) y sont conservés en attente de restitution, comme La Chasse de Giovanni di Francesco. En 2005, Le Grand Canal à Venise de Francesco Guardi a ainsi été rendu aux héritiers d’Anna Jaffé, victime des pillages sous le régime de Vichy. Ces démarches s’inscrivent dans une politique active de préservation et de transmission du patrimoine artistique.
Conditions de visite
Téléphone : 05 61 22 21 82
Ouverture annuelle : Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 18h, nocturne le mercredi jusqu'à 21h
Contact organisation : 05 61 22 21 82