Origine et histoire du Musée des Beaux-Arts
Le musée des Beaux-Arts d'Orléans, situé dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire, a été fondé en 1797 à l'initiative de Jean Bardin, directeur de l'école de dessin d'Orléans, et d'Aignan-Thomas Desfriches. Il est l'un des plus anciens musées de province en France. Ses collections initiales proviennent des saisies révolutionnaires dans les établissements religieux, complétées par des dons et legs au fil des siècles. Installé successivement dans divers bâtiments (palais épiscopal, chapelle d'un collège, hôtel des Créneaux), il a connu plusieurs déménagements avant de s'établir définitivement en 1984 dans un bâtiment moderne conçu par Christian Langlois, accolé au nouvel hôtel de ville.
Le fonds initial du musée a été constitué grâce aux collections de Desfriches et Bardin, enrichies par des œuvres saisies pendant la Révolution. Au XIXe siècle, des donateurs majeurs comme le comte André Gaspard Parfait de Bizemont, madame de Limay (fille de Desfriches), et des artistes comme Henry de Triqueti ou Léon Cogniet ont permis d'étendre les collections. En 1823, le musée est refondé sous l'impulsion du comte de Rocheplatte, maire d'Orléans, et installé dans l'hôtel des Créneaux. En 1855, les collections historiques sont séparées pour former le musée archéologique de l'Orléanais, tandis que le musée des Beaux-Arts continue de s'enrichir.
Les collections du musée couvrent une période allant du XVe au XXe siècle, avec des œuvres majeures de la peinture occidentale. On y trouve des tableaux de maîtres italiens comme Le Corrège, Tintoret, ou Guido Reni, des peintres flamands et hollandais tels que Van Dyck, Brueghel, ou Ruisdael, ainsi qu'une riche collection de peintures françaises (La Tour, Watteau, Delacroix, Courbet, Gauguin). La collection de pastels, deuxième de France après celle du Louvre, et le cabinet d'arts graphiques (10 000 dessins, 50 000 estampes) sont particulièrement remarquables.
Le musée a subi des dommages importants pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment dans la salle dédiée à la donation Paul Fourché. Après des décennies d'évolution, il a été entièrement repensé à partir de 2016 sous la direction d'Olivia Voisin. Les collections ont été réorganisées de manière chronologique, avec des étages dédiés aux XVIe–XVIIe siècles (2016), XVIIe–XVIIIe siècles (2018), et XIXe siècle (2020–2021). Trois nouvelles salles consacrées à la période 1870–1900 ont ouvert en août 2024.
Parmi les œuvres phares, on compte des peintures comme La Vierge à l'Enfant du Corrège, Saint Thomas de Vélasquez (l'une des deux seules toiles du maître en France), ou La Fête Gloanec de Gauguin. Les sculptures incluent des bustes de Houdon (Voltaire, Rousseau) et des œuvres de Rodin, Maillol, ou Picasso. Le cabinet des pastels, avec des pièces de Chardin, La Tour, et Perronneau, est l'un des plus riches de France. Le musée conserve également un fonds important d'estampes, dont une rare gravure de Dürer, Samson tuant le lion (vers 1497–1499).
Aujourd'hui, le musée des Beaux-Arts d'Orléans, labellisé Musée de France, se distingue par ses collections éclectiques et son approche muséographique dynamique. Il met en valeur des œuvres majeures de l'art occidental, tout en proposant des expositions temporaires dans ses salles souterraines. Son adresse actuelle, 1 place Sainte-Croix, en fait un lieu central de la vie culturelle orléanaise, attirant autant les amateurs d'art ancien que moderne.