Origine et histoire du Musée des beaux-arts
Le musée des Beaux-Arts de Chartres, créé en 1833 autour d’une collection d’histoire naturelle et de numismatique, s’est enrichi grâce à des dons et legs majeurs. Parmi les mécènes figurent de Villiers (1847), l’abbé Calluet (1863), ou encore Louis Joseph Bouge (1970), dont la veuve légua près de 500 objets ethnographiques et 53 000 coquillages. Le legs Bouge, complété par des dépôts de l’État, a façonné une collection hétéroclite, typique des musées de province, allant de l’archéologie aux beaux-arts, en passant par des pièces océaniennes et des instruments de musique.
Situé dans l’ancien palais épiscopal, classé monument historique en 1906, le musée occupe un ensemble architectural mêlant des éléments des XIIIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Son vestibule, sa chapelle classique et ses salons d’apparat témoignent de son passé épiscopal. La collection de peintures, la plus riche, couvre des écoles européennes (italienne, flamande, française) avec des œuvres de Metsys, Boucher, Chardin, ou Fragonard. Une salle est dédiée à Maurice de Vlaminck, dont une vingtaine d’œuvres et une collection d’art africain sont exposées.
Les sculptures et objets d’art incluent des pièces majeures comme les Douze Apôtres en émail de Léonard Limosin (vers 1547), classés monuments historiques, ou des bas-reliefs de Charles-Antoine Bridan, dont des maquettes pour la cathédrale. Le musée conserve aussi des instruments (clavecins), des émaux, et des tapisseries des Flandres ou des Gobelins. En 2024-2025, l’exposition « Mille ans de sculptures à Chartres » mettra en valeur des plâtres peints de Bridan et des œuvres du XIXe siècle, comme celles d’Aristide Husson ou de Jean-Louis Chenillion.
Fermé en 2017 pour rénovation, le musée a rouvert avec un accès gratuit, hors expositions temporaires. Son label Musée de France et sa localisation à proximité de la cathédrale en font un lieu culturel incontournable de Chartres. Les collections reflètent à la fois l’histoire locale (archéologie gallo-romaine, mobilier religieux) et des apports exogènes, comme les œuvres océaniennes ou les dons d’art moderne (Soutine, Derain).
L’ancien évêché, avec ses jardins, forme un ensemble architectural remarquable. La salle « à l’italienne » et la chapelle illustrent le faste épiscopal, tandis que les acquisitions récentes (leg Navarre, 1970-71) ou les dépôts étatiques ont diversifié les fonds. Malgré l’hétérogénéité des collections, le musée offre un panorama éclectique, des émaux limousins aux peintures du XXe siècle, en passant par des objets ethnographiques rares.