Origine et histoire du Musée des beaux-arts
Le musée des beaux-arts de Dijon trouve son origine dans l’École de dessin fondée en 1766 par François Devosge, une institution gratuite et ouverte à tous. En 1783, les États de Bourgogne décident de construire l’aile orientale du palais des ducs pour y installer une galerie d’art destinée à l’enseignement. Le musée est officiellement créé par décret en 1787, mais n’ouvre au public qu’en 1799, après la Révolution. Ses premières collections proviennent des saisies révolutionnaires, des copies d’antiques, et des œuvres pédagogiques de l’École.
Le palais qui l’abrite, ancien siège du pouvoir des ducs de Bourgogne au XVe siècle, devient après le rattachement à la France le logis du roi, puis le palais des États de Bourgogne au XVIIe siècle, sous la direction de Jules Hardouin-Mansart. Le musée s’y développe progressivement, enrichi par des envois impériaux, des dons de collectionneurs (comme les époux Grangier en 1905), et des dépôts de l’État. Ses collections médiévales, notamment les tombeaux des ducs Philippe le Hardi et Jean sans Peur, en font un lieu incontournable.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le conservateur Pierre Quarré organise l’évacuation des œuvres vers les châteaux de Châteauneuf-en-Auxois (1939) puis de Fontaine-Française (1943), sauvant ainsi 912 pièces des réquisitions allemandes et des lois de Vichy. Le musée rouvre en 1944 après la Libération. Quarré profite de cette période pour moderniser la muséographie, malgré les contraintes spatiales imposées par la cohabitation avec la mairie dans le palais.
Une rénovation majeure est lancée en 2006, avec pour objectif d’agrandir les espaces et d’exposer davantage d’œuvres. Le parcours « Moyen Âge – Renaissance » est inauguré en 2013, suivi de la réouverture complète du musée en 2019, après 13 ans de travaux. Le projet, mené par les Ateliers Lion et l’architecte Éric Pallot, permet d’exposer 1 500 œuvres dans 50 salles, avec une fréquentation record (315 000 visiteurs en 2019). Une identité visuelle moderne, inspirée des initiales entrelacées de Philippe le Bon, est adoptée.
Les collections du musée, parmi les plus riches de France, couvrent toutes les périodes de l’Antiquité au XXIe siècle. Les sections médiévales (tombeaux des ducs, portraits du Fayoum) et bourguignonnes (œuvres de Claus Sluter, François Rude, Pierre-Paul Prud’hon) côtoient des ensembles européens majeurs : Renaissance italienne (Titien, Véronèse), peinture française des XVIIe–XIXe siècles (Delacroix, Monet, Manet), et art contemporain (Nicolas de Staël, Yan Pei-Ming). Le cabinet d’arts graphiques, fort de 14 000 dessins et 100 000 estampes, inclut des œuvres de Prud’hon, Rembrandt ou Louise Breslau.
Le musée conserve également des collections extra-européennes (art islamique, africain, asiatique), issues de legs comme celui d’Albert Gayet – bien que partiellement dispersé par le Louvre. Ces objets, souvent liés à l’art funéraire ou aux « curiosités » des collectionneurs dijonnais (Jehannin de Chamblanc, famille Grangier), reflètent l’ouverture culturelle de la Bourgogne depuis le XVIIIe siècle. Aujourd’hui, le musée allie vocation pédagogique, gratuité d’accès, et dynamisme contemporain, perpétuant son rôle historique de diffusion artistique.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture permanente : Le musée des Beaux-Arts et le musée Rude sont ouverts tous les jours
Basse saison : du 1er octobre au au 31 mai : ouverture de 9h30 à 18h
Haute saison : du 1er juin au 30 septembre : ouverture de 10h à 18h30
Fermeture : Le mardi et certains jours fériés: 1er janvier, 1er mai et 8 mai, 14 juillet, 1er et 11 novembre, 25 décembre.
Tarif individuel : Accès gratuit aux collections permanentes - Audioguides en français, anglais et allemand : 4 €
Tarif de groupe : Visite commentée : 6 € , tarif réduit* : 3€ (réservation conseillée par téléphone au 03 80 48 88 77)
Contact organisation : 03 80 74 52 09