Origine et histoire du Musée des beaux-arts
Le musée des Beaux-Arts de Tours occupe l’ancien palais épiscopal, édifié à proximité de la cathédrale dans le Vieux-Tours. Ce site, classé monument historique depuis 1983, conserve des vestiges gallo-romains, dont une tour d’angle du IVe siècle intégrée au rempart de Caesarodunum. Le palais fut reconstruit et transformé aux XIIe, XVIIe et XVIIIe siècles, mêlant chapelles médiévales, une aile du Synode (lieu des états généraux de 1468 et 1484), et des aménagements classiques comme un portail et un hémicycle du XVIIIe siècle.
La vocation muséale du lieu naît en 1792, lorsque le palais, confisqué à la Révolution, devient un dépôt pour les œuvres saisies dans les églises et les propriétés d’émigrés. Un premier musée ouvre en 1795, mais les collections déménagent au XIXe siècle avant de réintégrer le palais en 1910. Le fonds initial, enrichi par des legs (Cathelineau, Schmidt, Linet), comprend des peintures italiennes primitives, des œuvres des XVIIe–XVIIIe siècles (Rubens, Boucher, Champaigne), et des pièces majeures comme les panneaux de Mantegna ou la Diane chasseresse de Houdon.
Le musée se distingue aussi par son jardin à la française, un cèdre du Liban classé, et des curiosités comme Fritz, un éléphant empaillé. Ses souterrains abritent une inscription lapidaire gallo-romaine célébrant les Turones. Les collections reflètent l’histoire artistique européenne, de l’Antiquité (vestiges du castrum) à l’art moderne (Debré, Ernst), tout en témoignant des bouleversements politiques et culturels de la Touraine, de Grégoire de Tours à la Révolution.
L’ancien archevêché, marqué par les transformations de Bertrand d’Eschaud (XVIIe) et Rosset de Fleury (XVIIIe), illustre l’évolution architecturale et sociale du pouvoir épiscopal. La salle du Synode, lieu de rassemblements royaux, et la chapelle archiépiscopale (ancienne salle des états) soulignent son rôle central dans l’histoire régionale. Classé en 1983, le site allie patrimoine bâti, collections d’exception et mémoire des legs qui ont façonné son identité.
Le musée entretient des liens éducatifs avec les établissements scolaires de Tours, proposant des activités sur des thèmes variés (Antiquité, peinture italienne). Son histoire reflète aussi les mutations des institutions culturelles françaises, depuis les saisies révolutionnaires jusqu’à l’enrichissement par des collections privées (Linet, Marcel). Aujourd’hui, il reste un témoin majeur de l’art et de l’histoire de la Touraine, de l’époque gallo-romaine à nos jours.