Origine et histoire du Musée du Palais de Carnolès
Le palais Carnolès, situé à Menton dans les Alpes-Maritimes, fut construit en 1717 à l’initiative du prince Antoine Ier de Monaco sur un terrain acquis aux moines de Lérins. Conçu comme un trianon inspiré du Grand Trianon de Versailles, il servait de résidence d’été aux princes Grimaldi. Les plans, attribués à Jacques V Gabriel, furent modifiés par l’architecte Jean Antoine Latour, transformant le pavillon de loisirs en une demeure habitable. Le palais, décoré par des peintres mentonnais comme Bressan et Puppo, fut achevé en 1725. Son parc, aménagé la même année, abritait déjà des orangers et des allées en étoile, préfigurant l’actuel jardin botanique.
En 1793, la principauté de Monaco fut annexée par la France, et le palais changea plusieurs fois de mains. Rachat en 1818 par Monaco, il fut redécoré dans le style Empire sous Honoré V (1820-1822). Après la cession de Menton à la France en 1861, le palais devint un casino (1863-1876), puis fut acquis en 1896 par l’Américain Edward Philips Allis. Ce dernier confia sa rénovation à l’architecte danois Hans-Georg Tersling, qui doubla sa profondeur et y ajoutait une façade néo-pompéienne. Le palais, classé monument historique en 1969, abrite depuis 1977 le musée des Beaux-Arts de Menton.
Le parc botanique du palais Carnolès, inscrit aux monuments historiques, s’étend sur un hectare et abrite 137 variétés d’agrumes, dont des orangers, citronniers et pamplemoussiers. Créé en 1725 comme jardin potager fleuri, il fut clos de murs couverts d’espaliers et de raisins. Aujourd’hui, il est agréé par le Conservatoire des collections végétales spécialisées et complété par des sculptures contemporaines depuis 1994. Le musée, quant à lui, expose des œuvres de Raoul Dufy, Max Jacob, et des primitifs italiens, reflétant l’éclectisme des collections locales.
L’histoire du palais est marquée par des figures comme le prince Antoine Ier, qui y éduqua sa fille Marie-Pelline Grimaldi, ou l’architecte Tersling, qui modernisa l’édifice. Le kiosque baroque hexagonal, avec sa calotte de tuiles, et les décors intérieurs de Raphaël Orsolino (1822) témoignent des influences stylistiques successives. Le musée perpétue également l’héritage des biennales artistiques lancées en 1951 sous l’égide de Matisse, enrichissant ses collections d’œuvres majeures du XXe siècle.