Origine et histoire du Musée des beaux-arts et d'archéologie
Le musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon trouve son origine en 1694, lorsque l’abbé Jean-Baptiste Boisot lègue ses collections (manuscrits, livres, médailles, tableaux et bustes) aux Bénédictins de Saint-Vincent, à condition qu’elles soient accessibles au public deux fois par semaine. Cette « bibliothèque-musée Boisot » devient ainsi le premier musée public de France, près d’un siècle avant le Louvre. Fréquenté tout au long du XVIIIe siècle, il s’enrichit après la Révolution grâce aux confiscations d’œuvres.
En 1819, l’architecte Pierre-Adrien Pâris lègue 38 peintures et 183 dessins, dont des œuvres de Fragonard. En 1894, le legs de Jean Gigoux apporte plus de 3 000 dessins et 460 tableaux, couvrant les écoles européennes. Enfin, en 1960, George Besson et son épouse offrent 112 tableaux et 220 dessins modernes, consolidant la réputation du musée. Ces donations successives ont façonné ses collections éclectiques, allant de l’égyptologie à l’art contemporain.
Installé en 1843 dans l’ancienne halle aux grains conçue par Pierre Marnotte, le musée occupe aujourd’hui un bâtiment emblématique de la place de la Révolution. Réaménagé en 1967-1970 par Louis Miquel, élève de Le Corbusier, il subit une rénovation majeure entre 2015 et 2018, dirigée par Adelfo Scaranello. Inauguré par Emmanuel Macron en novembre 2018, il attire désormais plus de 100 000 visiteurs par an.
Les collections archéologiques incluent des pièces égyptiennes rares, comme les momies de Séramon et Ânkhpakhéred, ainsi que des objets gallo-romains, dont le célèbre Taureau d’Avrigney. La peinture européenne, du XIVe au XXe siècle, est représentée par des maîtres italiens (Bellini, Bronzino), flamands (Rubens, Brueghel) et français (Courbet, Rodin). Le cabinet des dessins, avec plus de 5 500 pièces, compte parmi les plus riches de France.
Le musée illustre aussi l’histoire locale, avec des œuvres comme le buste d’Helvetia de Courbet, symbole de son exil suisse. Les sculptures, du Moyen Âge au XIXe siècle, complètent ce panorama artistique. Classé Musée de France, il allie patrimoine historique et modernité, grâce à des aménagements audacieux, comme la structure en béton de Miquel ou la verrière contemporaine.