Origine et histoire du Musée des beaux-arts
Le musée Hyacinthe-Rigaud, situé à Perpignan dans les Pyrénées-Orientales, a été fondé en 1820 sous l’impulsion du préfet Emmanuel-Ferdinand de Villeneuve-Bargemon. Il ouvre ses portes en 1833 dans l’ancienne université désaffectée depuis 1792, avec un fonds initial de peintures issues de prêts et acquisitions locales. Dès ses débuts, le musée met en avant Hyacinthe Rigaud, artiste natif de Perpignan, avec des œuvres majeures comme Portrait du cardinal de Bouillon et Autoportrait au cordon noir, acquises auprès du collectionneur Joseph Tastu.
En 1953, à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Rigaud, le musée est rénové et une section lui est dédiée. L’État dépose alors des œuvres emblématiques comme Autoportrait au turban (1698) et Portrait de Philippe d’Orléans (1689). En 1959, le musée prend officiellement le nom de Hyacinthe Rigaud. En 1979, il est transféré dans l’hôtel de Lazerme, puis agrandi en 2017 après la réunion des hôtels de Lazerme et de Mailly, offrant 4 100 m2 d’espaces rénovés pour un coût de 9 millions d’euros.
Les collections permanentes, organisées en quatre sections (art gothique, baroque, moderne et contemporain), comptent 14 000 œuvres dont 450 exposées. Parmi les pièces phares figurent des retables catalans du XVe siècle, des toiles de Rigaud, Maillol, Picasso, et Dufy, ainsi que des sculptures de Rodin. Le musée se distingue aussi par une politique d’expositions temporaires ambitieuses, comme Picasso Perpignan (2017) ou Rodin-Maillol face à face (2019), attirant jusqu’à 70 000 visiteurs annuels.
L’histoire du musée est marquée par des legs et donations, comme celui de Maître Rey en 1994 (210 petits formats) ou de Pierre Daura en 2001, enrichissant ses fonds. En 2020, Pascale Picard devient directrice, succédant à Claire Muchir. Le musée, labellisé Musée de France, allie patrimoine architectural (hôtels des XVIIe–XVIIIe siècles) et rayonnement culturel, avec une médiation innovante comme le musée pour enfants créé en 1973.