Frise chronologique
1482
Acquisition du fief
Acquisition du fief
1482 (≈ 1482)
Jacques Le Pelletier achète Martainville.
1485-1495
Construction du château
Construction du château
1485-1495 (≈ 1490)
Dates gravées et période estimée.
1511
Mort de Jacques Le Pelletier
Mort de Jacques Le Pelletier
1511 (≈ 1511)
Héritage à son neveu.
1571
Anoblissement familial
Anoblissement familial
1571 (≈ 1571)
Changement de nom en *de Martainville*.
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Protection du château.
1906
Rachat par l'État
Rachat par l'État
1906 (≈ 1906)
Sauvetage du château.
1961
Création du musée
Création du musée
1961 (≈ 1961)
Ouverture au public en 1964.
2011
Création du jardin renaissant
Création du jardin renaissant
2011 (≈ 2011)
Mise en valeur de la façade est.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jacques Le Pelletier - Commanditaire et armateur |
Constructeur du château vers 1485. |
| Jacques Le Pelletier (neveu) - Héritier et transformateur |
Modifie la façade et la chapelle. |
| Richard de Martainville - Gentilhomme de Henri III |
Anobli en 1571. |
| Daniel Lavallée - Fondateur du musée |
Collecte des objets traditionnels. |
| Henri Gosselin - Architecte restaurateur |
Rénovation vers 1925. |
Origine et histoire
Le château de Martainville, construit à la fin du XVe siècle par Jacques Le Pelletier, riche armateur et échevin de Rouen, incarne la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance. Acquis en 1482, le fief de 25 hectares voit s’élever une demeure symétrique, flanquée de quatre tours et ornée de briques vernissées noires disposées en motifs géométriques. Ce plan innovant, avec un couloir central desservant des pièces indépendantes, inspirera d’autres châteaux normands comme Chenonceau. Le château, conçu comme une résidence campagnarde prestigieuse, reflète l’ascension sociale de son commanditaire, issu de la bourgeoisie marchande rouennaise.
À la mort de Jacques Le Pelletier en 1511, son neveu hérite du domaine et entreprend des transformations majeures : comblement des fossés, élargissement des fenêtres, et ajout d’une chapelle au-dessus du portail d’entrée. La famille, anoblie en 1571 sous le nom de Martainville, conserve le château jusqu’au XVIIIe siècle. Après une période d’abandon et de déprédations lors de la guerre de 1870, l’État rachète le domaine en 1906, évitant sa destruction. Classé monument historique dès 1889, il est restauré au XXe siècle avant d’accueillir, à partir de 1961, le Musée des Traditions et Arts Normands, fondé par Daniel Lavallée.
Le musée, labellisé Musée de France, présente une collection exceptionnelle de 15 000 objets illustrant la vie quotidienne en Haute-Normandie du XVe au XIXe siècle. Mobilier régional, costumes traditionnels, céramiques, et outils agricoles y sont exposés dans des intérieurs reconstitués. Les dons, comme celui de la famille Buquet (mouchoirs illustrés), ont enrichi les fonds. Le château, avec sa ferme classée et ses jardins inspirés de la Renaissance, offre un cadre unique pour découvrir l’artisanat et les modes de vie normands. Son plan symétrique et ses décors en briques vernissées en font un témoignage rare de l’architecture de transition entre Moyen Âge et Renaissance.
L’histoire du château est aussi marquée par des événements nationaux, comme le passage d’Henri IV en 1590, chassant les troupes du duc de Parme. Au XVIIe siècle, le domaine, transformé en exploitation agricole, voit ses communs agrandis sous Louis de Martainville, seigneur vivant à Versailles. Après 1757, le château passe entre les mains de familles parlementaires normandes avant son abandon progressif. Sauvé in extremis par l’État, il devient un lieu de mémoire grâce à des restaurations successives, dont celle de Henri Gosselin vers 1925, et l’aménagement d’un jardin renaissant en 2011.
Aujourd’hui, le musée propose des expositions temporaires annuelles, souvent liées à l’histoire musicale normande, en partenariat avec l’association l’Espace Musical. Les collections permanentes, organisées par thèmes (mobilier, textiles, agriculture), mettent en valeur les spécificités régionales, comme les coiffes cauchoises ou les faïences de Rouen. Le colombier du XVe siècle, les granges, et le puits, classés en 1931, complètent la visite. Le site, géré par le département de la Seine-Maritime, reste un haut lieu du patrimoine normand, alliant architecture remarquable et ethnographie vivante.
Conditions de visite
Téléphone : 02 35 23 44 70
Ouverture annuelle : Ouvert tous les jours sauf le mardi et le dimanche matin : de 10h à 12h30 et de 14h à 18h
Fermeture : 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre, 25 décembre.
Contact organisation : 02 35 23 44 70