Origine et histoire du Musée du château
Le château de Foix, édifié au XIIe siècle sur un éperon rocheux dominant la vallée de l’Ariège, trouve ses origines au Xe siècle. Premier siège des comtes de Foix à partir de 1012, il symbolise leur autorité sur la région. Ce château féodal, initialement constitué d’une tour unique surplombant une enceinte, fut un bastion stratégique pour contrôler les accès à la haute vallée et surveiller les terres environnantes. Son rôle militaire s’affirma lors de la croisade des Albigeois (1208-1249), bien qu’il ne devint jamais un refuge cathare, les comtes de Foix cherchant à préserver leur indépendance face aux croisés et à la couronne de France.
Au XIIIe siècle, le château subit des attaques lors de la croisade contre les Albigeois, notamment en 1214, quand il fut remis au légat du pape avant d’être repris en 1218. Le traité de Meaux-Paris (1229) ampute partiellement le comté de Foix, et le château, occupé par le roi de France, devient un enjeu politique. En 1272, le comte Roger IV renforce ses défenses face à Philippe le Hardi, mais doit finalement se soumettre, entraînant la mise sous séquestre du château jusqu’en 1285. Restauré au XIVe siècle, il redevient une résidence comtale, notamment sous Gaston Fébus (1343-1391), qui y emprisonne des seigneurs rivaux après la bataille de Launac (1362) et y mène d’importants travaux.
À partir du XVe siècle, le château perd son rôle résidentiel au profit des châteaux de Mazères et d’Orthez, devenant une caserne puis une prison. Au XVIIe siècle, il échappe de peu à la démolition ordonnée par Richelieu et sert de garnison pendant les guerres contre l’Espagne. Transformé en prison départementale au XVIIIe siècle, il subit des modifications architecturales (grilles, cellules) et accueille jusqu’à 200 détenus dans des conditions précaires. Les graffitis des prisonniers, encore visibles dans la tour ronde, témoignent de cette période sombre. La prison ferme en 1864, laissant place à un dépôt de mendicité éphémère.
Classé monument historique en 1840, le château est restauré dans la seconde moitié du XIXe siècle par Paul Boeswillwald, disciple de Viollet-le-Duc. Les travaux visent à retrouver son aspect médiéval, effaçant partiellement les traces de son usage carcéral. Depuis 1930, il abrite le musée départemental de l’Ariège, présentant des collections archéologiques, historiques et des objets liés à l’histoire du comté, comme le lit d’Henri IV. Aujourd’hui, le musée met en valeur la vie au temps des comtes de Foix et l’évolution du site, des donjons médiévaux à la prison du XIXe siècle.
Architecturalement, le château se compose de trois tours : la tour carrée primitive (XIIe siècle), la tour du milieu (XIIIe-XIVe siècles) et la tour ronde (XVe siècle), cette dernière conçue comme une résidence somptueuse avec chapelles, cheminées et salles voûtées. Les enceintes, barbacanes et châtelets, ajoutés entre les XIIIe et XVe siècles, renforcent sa défense. La tour ronde, haute de 34 mètres, illustre l’apogée de l’architecture militaire et seigneuriale des comtes de Foix, mêlant pierre calcaire locale et grès ouvragé.
Le château de Foix incarne près d’un millénaire d’histoire, depuis son rôle de forteresse comtale jusqu’à sa transformation en symbole patrimonial. Son musée et ses animations perpétuent la mémoire des comtes de Foix, des conflits médiévaux et de son passé carcéral, tout en offrant un panorama sur la vie en Ariège à travers les âges.