Origine et histoire du Musée du Domaine départemental
Le musée du Domaine départemental de Sceaux est installé dans un château construit entre 1856 et 1860 pour le duc et la duchesse de Trévise, sur les vestiges d’un domaine créé au XVIIe siècle par Jean-Baptiste Colbert. Propriété du département des Hauts-de-Seine, il se situe dans le parc de Sceaux, conçu par André Le Nôtre, et comprend plusieurs bâtiments historiques : le pavillon de l’Aurore (1672), l’Orangerie d’Hardouin-Mansart (1686), et les Écuries de Colbert (1672-1674). Ses collections permanentes illustrent l’évolution du domaine à travers quatre périodes clés : Colbert (1670-1690), la duchesse du Maine (1700-1753), le duc de Penthièvre (1775-1793), et les Trévise (1829-1923).
Fondé en 1937 sous le nom de musée de l’Île-de-France, il fut conçu comme un pendant du musée Carnavalet, dédié à Paris, par Jean Robiquet, alors conservateur de ce dernier. Les premières collections proviennent en partie des réserves de Carnavalet, enrichies par des dons (Dunoyer, Fautrier). Initialement organisé selon une approche topographique, le musée a évolué vers une muséographie chronologique après sa rénovation en 1994, mettant en valeur les décors du château Trévise et l’histoire des propriétaires du domaine.
Le parcours actuel, repensé après des travaux entre 2018 et 2019, propose un cheminement à travers les salles du château (rez-de-chaussée et étage) et les bâtiments annexes. On y découvre des œuvres majeures : peintures de François de Troy, céramiques de Sceaux, meubles d’époque, ainsi que des reconstitutions d’intérieurs (salle à manger XVIIIe, chambre « Neuilly »). Les galeries abritent une collection remarquable de faïences et porcelaines d’Île-de-France (Saint-Cloud, Chantilly, Sèvres), tandis que le cabinet d’arts graphiques conserve 9 500 estampes et 2 500 dessins, dont des œuvres d’Israël Silvestre ou Honoré Daumier.
Le domaine célèbre en 2023 le centenaire de son acquisition par le département de la Seine (1923), marqué par une exposition rétrospective dans les Écuries. Le musée conserve également des archives photographiques (950 tirages d’Eugène Atget) et des livres anciens, consultables sur rendez-vous. Son parc, restauré pour les promenades et le canotage dès 1937, reste un écrin paysager classé, témoignant des transformations du goût français du XVIIe au XIXe siècle.