Frise chronologique
14-25 juin 1940
Combats intenses
Combats intenses
14-25 juin 1940 (≈ 20)
16 474 obus tirés, résistance jusqu’à l’armistice.
1929
Conception de l'ouvrage
Conception de l'ouvrage
1929 (≈ 1929)
Intégré au secteur fortifié de Haguenau.
1930-1935
Construction du fort
Construction du fort
1930-1935 (≈ 1933)
Béton armé, 8 blocs, 3 km de galeries.
1er juillet 1940
Reddition sur ordre
Reddition sur ordre
1er juillet 1940 (≈ 1940)
6 jours après l’armistice.
1945
Sabotages allemands
Sabotages allemands
1945 (≈ 1945)
Dégâts réparés pendant la guerre froide.
1968
Abandon militaire
Abandon militaire
1968 (≈ 1968)
Fin de son usage défensif.
1982
Ouverture au public
Ouverture au public
1982 (≈ 1982)
Restauration par l’AALMA.
5 octobre 1992
Classement monument historique
Classement monument historique
5 octobre 1992 (≈ 1992)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
2022
2e place au *Monument préféré*
2e place au *Monument préféré*
2022 (≈ 2022)
Émission télévisée nationale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort de Schoenenbourg (cad. Hunspach 8 9 ; Ingolsheim 3 99, 100, 273/100, 275/100 ; 5 104 à 109, 116, 144, 211/113, 213/113, 215/113, 115 ; 8 109/88 ; 11 170, 171, 207/194, 209/194 ; 17 150/103) : inscription par arrêté du 5 octobre 1992 modifiée par arrêté du 14 janvier 1993
Personnages clés
| Association des Amis de la Ligne Maginot d’Alsace (AALMA) - Gestionnaire du site |
Restauration et visites depuis 1982. |
Origine et histoire
Le fort Schoenenbourg, situé à la limite des communes de Hunspach et d’Ingolsheim dans le Bas-Rhin, est un ouvrage d’artillerie de la ligne Maginot, construit entre 1930 et 1935. Conçu pour résister aux assauts ennemis, il compte huit blocs (six de combat et deux entrées), reliés par trois kilomètres de galeries souterraines équipées d’une voie ferrée électrifiée. Prévu pour 600 hommes, il abritait une usine électrique autonome, des magasins à munitions, une caserne, et un système de ventilation performant contre les gaz de combat, tirant les leçons de la Première Guerre mondiale.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fort Schoenenbourg joua un rôle clé lors des combats de juin 1940. Entre le 14 et le 25 juin, il tira 13 388 obus, résistant aux bombardements allemands (56 obus de 420 mm, 3 000 obus de 150 mm, etc.) jusqu’au 1er juillet 1940, soit six jours après l’armistice, sur ordre du haut commandement. Endommagé par les sabotages allemands en 1945, il fut réparé au début de la guerre froide avant d’être abandonné en 1968.
Depuis 1982, l’Association des Amis de la Ligne Maginot d’Alsace gère le site, restauré à l’identique de son état en 1939. Contrairement à d’autres musées, Schoenenbourg ne présente pas d’armes ajoutées : il offre une immersion authentique dans les conditions de vie des soldats, avec des ambiances sonores et un parcours de 3 km à 30 mètres sous terre. Classé monument historique en 1992, il a remporté la 2e place du Monument préféré des Français en 2022.
L’ouvrage se distingue par son architecture défensive innovante. Les blocs de combat (ou « avants »), distants de 1 500 mètres des entrées (les « arrières »), étaient reliés par une galerie équipée d’une voie de 60 cm pour le transport des munitions. Chaque bloc avait un rôle spécifique : tourelles de 75 mm (blocs 3 et 4), mortiers de 81 mm (bloc 5), ou casemates d’infanterie (blocs 1 et 6). L’usine souterraine, cœur du fort, abritait quatre groupes électrogènes Diesel Sulzer de 165 chevaux, capables d’alimenter l’ensemble en autonomie.
Les systèmes de défense incluaient aussi des cloches GFM (guetteur-fusil mitrailleur), des filtres à gaz, et une issue de secours secrète dissimulée dans la forêt. Le poste de commandement centralisait les informations des observatoires pour diriger les tirs. Après 1945, le fort fut modernisé pendant la guerre froide, mais sa vocation défensive prit fin en 1968. Aujourd’hui, les visites, d’environ deux heures, permettent de découvrir ce chef-d’œuvre d’ingénierie militaire, témoin de l’histoire du XXe siècle.