Origine et histoire du Musée du papier peint
Le musée du papier peint de Rixheim est né de l’industrie locale, installée en 1797 avec la manufacture Hartmann Risler & Cie, devenue Zuber & Cie en 1802. Il occupe l’aile droite de l’ancienne commanderie des chevaliers teutoniques (classée en 1946), partagée avec la fabrique encore en activité et l’hôtel de ville. Ce site historique, construit à partir de 1735 par Jean Gaspard Bagnato, symbolise le lien entre patrimoine architectural et savoir-faire artisanal.
L’idée du musée émerge en 1969 lors d’une rencontre entre Jean-Pierre Seguin, directeur du cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, et Pierre Jaquet, PDG de Zuber. Inauguré en 1983, il s’enrichit rapidement de collections variées, comme le fonds Claude frères (1870-1900) initialement conservé au Musée de l’impression sur étoffes de Mulhouse. Son objectif est triple : préserver la mémoire du papier peint, le rendre accessible au public via des expositions thématiques, et soutenir la recherche sur ce médium.
Les collections couvrent quatre siècles d’histoire du décor mural, des papiers dominotés du XVIIIe aux créations contemporaines. Huit panoramiques emblématiques de Zuber, dont Les vues d’Amérique du Nord (exposé à la Maison-Blanche en 1961), sont présentés en permanence. Le musée conserve aussi des machines historiques, comme les impressionnantes presses « 12 couleurs » et « 16 couleurs », illustrant l’évolution technique de la fabrication. Ces objets, associés aux archives, révèlent les stratégies commerciales et les tendances artistiques, du néo-classicisme au design moderne.
Les expositions temporaires explorent des thèmes variés, comme les liens entre papier peint et modes vestimentaires (Deux siècles de costumes, 1990), l’influence japonaise (Japonismes, 2013), ou les innovations contemporaines (Papiers peints du futur, 2017). Ces événements s’appuient sur un fonds de plus de 100 000 items, incluant des productions courantes et des pièces exceptionnelles, offrant un regard à la fois esthétique et sociologique sur l’histoire des intérieurs.
Le musée joue un rôle clé dans la valorisation d’un patrimoine industriel encore vivant, la manufacture Zuber étant toujours active sur le site. Son ancrage dans l’ancienne commanderie, transformée en 1797, souligne la continuité entre héritage médiéval, révolution industrielle et création actuelle. Cette dualité entre conservation et innovation fait de Rixheim un lieu unique pour comprendre l’évolution des arts décoratifs en Europe.