Origine et histoire du Musée du Temps
Le musée du Temps de Besançon est installé dans le Palais Granvelle, un joyau architectural de la Renaissance italienne construit entre 1532 et 1540. Commandé par Nicolas Perrenot de Granvelle, garde des sceaux et conseiller de Charles Quint, ce palais abritait des collections d’art et de livres, inventoriées au XVIIe siècle par l’abbé Boisot. Ces trésors, ouverts au public en 1694, ont donné naissance à la bibliothèque et au musée des Beaux-Arts de Besançon, le plus ancien musée de France.
Après l’extinction de la lignée des Granvelle en 1637, le palais se dégrade progressivement. Il est classé monument historique en 1842 et racheté par la ville en 1864. Malgré des projets ambitieux, comme celui d’Eugène Viollet-le-Duc en 1870, ce n’est qu’en 1988 que des travaux de restauration majeurs sont engagés. Le musée du Temps, inauguré en 2002, y trouve sa place, mêlant histoire locale et patrimoine horloger.
Le musée célèbre l’héritage horloger de Besançon, né à la fin du XVIIIe siècle avec l’arrivée d’horlogers suisses comme Laurent Mégevand. La ville devient la capitale française de l’horlogerie au XIXe siècle, avec la création de l’École d’horlogerie en 1860 et de l’Observatoire en 1882. Les collections, riches de 1 500 montres et 2 000 gravures, illustrent l’évolution des techniques de mesure du temps, de la Renaissance aux microtechniques modernes.
Parmi les pièces maîtresses figurent la Leroy 01, « montre la plus compliquée du monde » (1904), et un pendule de Foucault de 13,11 mètres, prouvant la rotation de la Terre. Le musée allie patrimoine historique, avec des tentures du XVIIe siècle et des portraits de la famille Granvelle, et innovations scientifiques, explorant le lien entre horlogerie, physique et nanotechnologies. Son architecture, mêlant ancien et moderne, reflète cette dualité.
Le Palais Granvelle, avec sa tour offrant une vue sur la citadelle, incarne aussi l’histoire politique de Besançon. Il a accueilli Louis XIV en 1683, qui le surnomma le « Louvre bisontin ». Aujourd’hui, le musée du Temps est un lieu unique en Europe, associant art, science et mémoire industrielle, soutenu par l’Union européenne et les collectivités locales.