Origine et histoire du Musée Gallé-Juillet
Le musée Gallé-Juillet occupe l’emplacement de l’ancien château fort de Creil, dans l’Oise. Il se compose de deux maisons du XIXe siècle : la maison Gallé-Juillet et la maison de la Faïence. Labellisé Musée de France, il conserve des vestiges médiévaux, comme des croisées d’ogives au rez-de-chaussée, et des collections variées, de l’archéologie aux beaux-arts.
La demeure fut construite entre 1846 et 1868 par Jules Juillet, maire de Creil, sur les fondations du château. Transformée en cabinet de curiosités, elle abritait 17 pièces sur quatre niveaux. En 1929, Berthe Gallé, veuve d’Auguste Gallé et mère de Maurice (mort à la guerre en 1916), en fit don à la ville à condition qu’elle soit conservée en l’état, comme un témoignage intact de la vie bourgeoise locale.
Le musée évoque l’histoire de la faïencerie de Creil, fondée en 1797 et active jusqu’en 1895. Cette manufacture, premier employeur de la ville (700 ouvriers en 1840), produisit des pièces remarquables sous la direction d’artistes comme Jacques Bagnall, élève de Josiah Wedgwood. La collection expose 600 faïences fines, des services en grès noir, et des créations inspirées du style anglais.
Les collections incluent aussi 15 000 œuvres : meubles estampillés, céramiques, tableaux (dont des pièces d’Émile Gallé, cousin d’Ernest Gallé), jouets anciens, et un trésor gallo-romain découvert à Creil. La maison reconstitue l’intimité d’une famille aisée, des salons aux chambres, en passant par un bureau-fumoir et un cabinet de coquillages.
Parmi les occupants marquants figurent Ernest Gallé (1836–1900), artiste peintre et collectionneur, et son fils Maurice, mort à 22 ans durant la Première Guerre mondiale. Leur deuil poussa Berthe Gallé à léguer la propriété pour perpétuer leur mémoire. Le musée ouvre ainsi une fenêtre sur la société creilloise, des notables aux ouvriers de la faïencerie.
Classé Monument Historique en 1923, le site allie patrimoine architectural et mémoire industrielle. Son premier conservateur, le peintre Gaston Bouy, contribua à structurer les collections, aujourd’hui complétées par des études sur les travailleurs de la manufacture (1866–1896).