Origine et histoire du Musée Georges Labit
Louis Victor Georges Labit, fils aîné d’Antoine Labit, commerçant toulousain, interrompt ses études et entre dans l’affaire familiale avant d’être placé sous tutelle par son père en 1883. Chargé dès 1884 de prospecter des produits pour « La Maison Universelle », il commence parallèlement à acquérir des objets traditionnels et utilitaires, formant peu à peu une collection. Entre 1884 et 1888, ses voyages l’emmènent en Europe et en Afrique du Nord, puis en 1889 il effectue son premier séjour en Asie, au Japon, rapportant de nombreuses pièces ethnographiques qu’il souhaite présenter dans un musée. En 1893, Antoine Labit fait don à la ville de Toulouse des collections de son fils, ce qui permet la création du musée Georges-Labit, musée municipal consacré aux arts d’Égypte ancienne et d’Asie. Le musée est situé à l’est du quartier du Busca, près du canal du Midi, entre le 43 rue des Martyrs-de-la-Libération, le 17 rue du Japon et les 3-5 boulevard Monplaisir. Les collections, initialement choisies par Georges Labit pour leur valeur esthétique et leur capacité à représenter de façon exemplaire les cultures d’Asie et d’Extrême-Orient, comprennent également un rare ensemble d’objets coptes provenant d’Égypte ancienne. Elles ont été enrichies par de nombreux dons, par des acquisitions de la ville et par des dépôts, notamment du musée Guimet, constituant un ensemble cohérent et de grande qualité ; le musée figure parmi les plus anciens musées d’art asiatique en France. L’édifice qui abrite les collections est une villa néo-mauresque conçue en 1893 par l’architecte toulousain Jules Calbairac, dans le goût des villas exotiques liées à l’orientalisme de la fin du XIXe siècle. Conçue comme maison bourgeoise dotée de cuisines, salle à manger, billard et chambres, elle a aussi été aménagée pour accueillir les objets rapportés par le collectionneur. L’architecture présente les motifs de l’éclectisme oriental : arcs outrepassés, alternance de briques et de crépi blanc, carreaux de faïence inspirés de l’art islamique, et un dôme couvert de tuiles émaillées bleu turquoise surmonté d’un croissant de métal. Le bâtiment s’ouvre sur un petit jardin d’agrément, aujourd’hui accessible au public, planté d’espèces asiatiques et méditerranéennes identifiées par de petits écriteaux, et proche du canal du Midi, classé par le comité du patrimoine mondial de l’UNESCO. Les façades et toitures du musée et de la conciergerie, l’emprise du jardin, le mur de clôture et les quatre portails ont fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques le 14 décembre 2021. Les collections exposées couvrent une vaste aire géographique et chronologique : de premières images du Bouddha issues du Gandhara aux sculptures et bois sculptés de l’Inde, en passant par les jades, bronzes et céramiques de Chine. Le fonds asiatique comprend aussi des pièces de Birmanie et de Thaïlande (statuaire et bronzes, écoles de Sukhothai et d’Ayutthaya), des œuvres du Cambodge en grès, des objets de Mongolie, ainsi qu’un important ensemble japonais composé de bronzes, de sculptures en bois, d’inrō et netsuke, d’estampes et d’objets de la cérémonie du thé. Les collections népalaises et tibétaines rassemblent sculptures rituelles, coiffes de lama, thangkas et autres objets de dévotion. Les pièces provenant du Vietnam proviennent principalement du royaume de Champa et comprennent des fragments architecturaux et décoratifs de temples. Le musée a par ailleurs présenté une importante collection égyptienne, avec des objets funéraires, un papyrus du « Livre des morts », une momie et ses sarcophages ; la momie Inimennaÿsnebout et la collection égyptienne ont été restituées au musée Saint-Raymond en 2023, le musée Georges-Labit étant fermé pour travaux. Les ensembles présentés témoignent tant de la diversité des techniques et des matériaux que de la volonté originelle de Georges Labit de faire connaître au public les arts et les cultures d’Asie et d’Égypte.