Origine et histoire du Musée
Le musée national des Arts asiatiques, dit musée Guimet, a été fondé à l’initiative de l’industriel lyonnais Émile Guimet (1836-1918), passionné d’art et de religions asiatiques. Après un voyage en Égypte, en Grèce, puis un tour du monde en 1876 (Japon, Chine, Inde), il rassemble une collection d’objets qu’il expose d’abord à Lyon en 1879. En 1889, il inaugure à Paris un musée dédié aux religions, conçu par l’architecte Charles Terrier, dans un bâtiment inspiré de celui de Lyon. Le musée, initialement privé, devient un établissement public en 2003.
Les collections, enrichies par des dons et des fouilles archéologiques, couvrent l’art asiatique dans sa diversité : statuaire khmère, bronzes chinois, textiles indiens, estampes japonaises et objets tibétains. Parmi les pièces majeures figurent un porche du temple khmer de Banteay Srei (Xe siècle) et des céramiques chinoises datant des Trois Royaumes. En 1945, le musée hérite des collections asiatiques du Louvre, notamment des céramiques réunies par Ernest Grandidier. La bibliothèque, ouverte dès 1889, conserve 100 000 ouvrages et 1 500 périodiques spécialisés.
Le musée a connu une rénovation majeure entre 1994 et 2001, dirigée par les architectes Henri et Bruno Gaudin. En 1979, sa façade, ses toitures et sa bibliothèque sont inscrites aux monuments historiques. Aujourd’hui, il gère aussi le Panthéon bouddhique (hôtel Heidelbach) et le musée d’Ennery, tous deux consacrés à l’art asiatique. En 2024-2025, une polémique éclate autour du renommage des salles « Népal-Tibet » en « Monde himalayen », accusé de céder à une influence politique chinoise.
Les collections sont organisées par aires géographiques (Inde, Chine, Japon, Corée) et par périodes, reflétant l’évolution des styles et des pratiques religieuses (bouddhisme, hindouisme, jaïnisme). La galerie Riboud, créée grâce au legs de Krishnâ Riboud en 2003, expose des textiles asiatiques rares, tandis que la rotonde présente des miniatures indiennes et des estampes japonaises. Le musée abrite également 500 000 photographies historiques, dont des clichés de Samuel Bourne et Felice Beato, documentant l’Asie depuis les années 1850.
L’institution joue un rôle culturel majeur, organisant des concerts, des spectacles de danse et des expositions temporaires. Elle collabore avec des chercheurs et publie des ouvrages de référence, comme ceux issus des travaux d’Édouard Chavannes et Victor Segalen. Malgré les controverses récentes, le musée Guimet reste une référence mondiale pour l’étude et la diffusion des arts asiatiques, avec plus de 11 000 œuvres japonaises, 20 000 chinoises et 1 500 coréennes.