Origine et histoire du Musée Gustave-Fayet
Le musée Gustave-Fayet est abrité dans l’abbaye de Fontfroide, un monument historique situé au sud de Narbonne, en Occitanie. Ce lieu doit son nom à Gustave Fayet (1865–1925), peintre symboliste, céramiste et mécène, proche d’Odilon Redon et Paul Gauguin. Fayet, héritier d’une famille d’artistes et de viticulteurs, se passionne pour la collection d’œuvres majeures du XIXe siècle, devenant l’un des premiers acquéreurs de Gauguin et Redon. Son engagement artistique s’étend à la restauration de sites patrimoniaux, dont Fontfroide, qu’il achète en 1908 avec son épouse, Madeleine d’Andoque de Sériège.
L’abbaye, acquise grâce à la vente de tableaux de Cézanne et Gauguin, devient un écrin pour des œuvres commandées à ses amis peintres. Odilon Redon y réalise deux panneaux monumentaux pour la bibliothèque (Le Jour et La Nuit), ainsi que des vitraux en collaboration avec Richard Burgsthal. Fayet y installe aussi des pièces de sa collection personnelle, mêlant art symboliste, céramiques et tapisseries. Après sa mort en 1925, l’abbaye conserve une salle Fayet depuis 2006, exposant ses créations et celles de ses contemporains.
Gustave Fayet marque également l’histoire culturelle de Béziers, où il dirige le musée local dès 1901 et organise des expositions annuelles mettant en avant des artistes avant-gardistes. Son héritage artistique s’étend aussi au château d’Igny (Essonne), acquis en 1912 et transformé en hôtel de ville après sa mort, ainsi qu’à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, achetée en 1916. Ses œuvres, dispersées dans des musées français (Louvre, Perpignan, Narbonne), témoignent d’un style éclectique, entre symbolisme et expérimentations techniques.
L’abbaye de Fontfroide, aujourd’hui classée, reste un témoignage unique de son mécénat. Le musée qui y est dédié présente ses collections, tandis que des expositions rétrospectives, comme celle d’Elne en 2006, célèbrent son rôle dans la renaissance artistique du Languedoc. Son influence s’étend aussi à la musique, comme en témoigne l’ouvrage La Musique à la Belle Époque (2010), centré sur son foyer artistique entre Béziers, Paris et Fontfroide.
Les archives de Fayet, conservées aux archives départementales des Yvelines, ainsi que les publications récentes (comme Gustave Fayet. Châteaux, vignobles et mécénat en Languedoc, 2013), documentent son double héritage : celui d’un artiste méconnu et d’un collectionneur visionnaire. Son épouse, Madeleine, joue un rôle clé dans la préservation de Fontfroide, comme le relate Ces Audois qui ont fait l’histoire (2024).