Origine et histoire du Musée Hébert
Le musée Hébert a été créé en 1934 par Gabrielle Hébert, veuve du peintre Ernest Hébert, pour préserver la mémoire de son époux. Installé dans la propriété familiale acquise en 1821 par la mère de l’artiste à La Tronche, ce lieu devint la résidence secondaire d’Ernest Hébert entre ses séjours italiens. À sa mort en 1908, sa veuve transforma la demeure en musée privé, avant que leur héritier, René Patris-d’Uckermann, ne la lègue en 1979 au Conseil général de l’Isère.
La maison, classée monument historique en 1942, conserve l’atelier du peintre reconstitué, ses œuvres majeures et celles de ses contemporains dauphinois comme Jean Achard ou Théodore Ravanat. Le parc de deux hectares, labellisé Jardin remarquable depuis 2004, abrite le tombeau néoclassique d’Hébert, orné d’un bas-relief évoquant la villa Médicis. Les sources d’eau alimentant les fontaines, acquises en 1649, proviennent du massif de la Chartreuse.
Depuis 2001, le musée a été rénové par le département de l’Isère, révélant 1 600 plaques photographiques de Gabrielle Hébert dans les greniers. En 2012, un espace dédié à l’art contemporain, De l’autre côté, a ouvert en annexe. Le musée organise annuellement des expositions temporaires, comme celles consacrées à Johan Barthold Jongkind (2019) ou Jean-Baptiste Carpeaux (2020-2021). En 2023, le vol des bijoux de la princesse Mathilde Bonaparte a marqué son actualité.
Le musée Hébert illustre à la fois l’académisme du XIXe siècle, à travers les œuvres d’Hébert et ses liens avec la princesse Mathilde ou Théophile Gautier, et une ouverture sur la création contemporaine. Son parc, ses fresques du XVIIe siècle et ses collections enrichies de dépôts nationaux (Louvre, musées de Marseille) en font un lieu hybride, entre mémoire historique et dynamisme culturel.
Labellisé Maisons des Illustres depuis 2012, le musée attire un public croissant, passant de 2 658 visiteurs en 2003 à plus de 40 000 en 2017. Accessible par les transports en commun grenoblois (ligne B du tramway), il reste un témoignage vivant de la vie d’un artiste entre Dauphiné et Italie, tout en s’inscrivant dans le paysage culturel actuel.