Origine et histoire du Musée Henri Martin
Le musée Henri-Martin, situé au cœur de Cahors (Lot, Occitanie), trouve ses origines en 1833, lorsque la mairie fonde un musée municipal pour conserver les découvertes archéologiques régionales et les objets liés à l’histoire du Quercy. Initialement lié à la bibliothèque, il s’installe en 1883 dans les annexes du palais épiscopal concordataire, rue Émile Zola, avant de regrouper ses collections en 1929 dans l’ancien palais épiscopal, racheté par la ville après la séparation de l’Église et de l’État en 1905. Le bâtiment, transformé en musée, conserve une chapelle classée monument historique depuis 1999, témoin de son passé religieux.
L’édifice lui-même a une histoire complexe : construit au XVe siècle comme « Collège des Arts », il devient en 1601 le collège Saint-Michel, puis est acquis en 1802 par le département pour y installer l’évêché concordataire. Entre 1813 et 1860, plusieurs campagnes de travaux, dirigées par des architectes comme Charles Hector Malo ou Charles Lainé, agrandissent et modernisent le palais. La chapelle, ajoutée entre 1858 et 1860, se distingue par son décor raffiné (lambris de noyer, grisaille, faux plafond à caissons). Après 1906, le site perd sa fonction religieuse et accueille définitivement le musée en 1929.
Le musée doit son nom actuel à l’artiste Henri Martin (hommage rendu en 2002), dont les grands décors, comme Le Monument aux morts de Cahors (trois toiles de 385 x 280 cm), y sont exposés. Ses collections, riches de 10 000 pièces, couvrent l’archéologie (préhistoire, Égypte antique, Gallo-romain), l’ethnographie (Océanie, Asie), l’histoire locale (fonds Gambetta), et l’art (peintures françaises du XVIe au XIXe siècle, art contemporain). Après six ans de rénovation (2016–2022), il rouvre avec une aile dédiée à Henri Martin et une exposition sur Nino Ferrer, révélant sa vocation à mêler patrimoine et création.
Parmi les œuvres phares figurent Deux Femmes au bain de Joseph-Marie Vien, Rongo (sculpture polynésienne du XIXe siècle), ou Marine par temps d’orage de Théodore Gudin. Le fonds inclut aussi des pièces archéologiques rares (étrusques, paléo-chrétiennes) et des collections ethnographiques, comme le fonds polynésien des îles Gambier. La réouverture de 2022 marque un tournant, avec une muséographie repensée pour mettre en valeur ces trésors, tout en intégrant des technologies modernes.
Le palais épiscopal, cœur du musée, illustre l’architecture civile et religieuse des XVIIe–XIXe siècles. Sa cour, fermée par un porche monumental ajouté en 1929, encadre un ensemble hétéroclite : pavillon d’habitation entre cour et jardin (aile ouest), communs (aile nord), et chapelle (aile sud). Classée en 1999, cette dernière conserve un retable et des lambris sculptés, témoignages de son usage passé. Les travaux récents, menés par les architectes Franck Martinez et Laurent Beaudoin, ont préservé ce patrimoine tout en l’adaptant aux normes muséales contemporaines.