Origine et histoire du Musée
Le musée Jacquemart-André est un musée de beaux-arts et d'arts décoratifs situé au 158 boulevard Haussmann, dans le 8e arrondissement de Paris. Il ouvre ses portes au public en 1913, après avoir été légué à l’Institut de France par Nélie Jacquemart, veuve d’Édouard André. Ce dernier, héritier d’une grande fortune du Second Empire, avait commandé en 1868 à l’architecte Henri Parent la construction d’un hôtel particulier destiné à abriter ses collections et à recevoir des invités. Les travaux, menés de 1869 à 1875, donnèrent naissance à un édifice somptueux, équipé des dernières innovations techniques et décoré avec faste.
En 1881, Édouard André épousa Nélie Jacquemart, artiste peintre, qui partagea sa passion pour l’art et contribua activement à l’enrichissement de leur collection. Ensemble, ils réunirent des œuvres majeures, notamment des peintures italiennes des XIVe au XVIIIe siècles, ainsi que des sculptures, tapisseries et objets d’art. À la mort d’Édouard André en 1894, Nélie Jacquemart poursuivit leur projet commun et légua l’hôtel et ses collections à l’Institut de France à sa mort en 1912, à condition qu’il devienne un musée accessible au public.
Le musée fut inauguré en 1913 par le président Raymond Poincaré. Depuis 1996, sa gestion est confiée à la société Culturespaces, qui organise expositions temporaires, accueil des visiteurs et valorisation des espaces. L’hôtel particulier, classé Monument Historique en 1978, a conservé son aménagement d’origine, offrant un cadre exceptionnel pour les œuvres exposées. En 2023, d’importants travaux de restauration ont été menés, notamment sur la fresque de Tiepolo et les marbres de l’escalier.
Les collections du musée comptent des chefs-d’œuvre de Bellini, Botticelli, Rembrandt, Fragonard et bien d’autres, couvrant des périodes allant du Moyen Âge à la Renaissance italienne, en passant par les écoles flamande et hollandaise. Le musée propose également des expositions temporaires de renom, comme celles consacrées à Caravage, Turner ou Botticelli. L’hôtel particulier lui-même, avec ses salons, son jardin d’hiver et son escalier monumental, constitue un témoignage architectural remarquable de la bourgeoisie parisienne du XIXe siècle.
Le musée Jacquemart-André a également servi de décor à plusieurs films, dont La Traversée de Paris (1956) et Gigi (1958), ce qui témoigne de son attrait culturel et esthétique. Aujourd’hui, il reste un lieu incontournable pour les amateurs d’art et d’histoire, alliant patrimoine architectural et collections d’exception dans un écrin préservé.