Début des transformations 1999 (≈ 1999)
Thierry Ehrmann initie la déstructuration du relais.
2004
Première plainte municipale
Première plainte municipale 2004 (≈ 2004)
Le maire porte plainte pour non-respect d’urbanisme.
16 février 2006
Condamnation initiale
Condamnation initiale 16 février 2006 (≈ 2006)
Remise en état ordonnée sous astreinte quotidienne.
13 septembre 2006
Reconnaissance artistique
Reconnaissance artistique 13 septembre 2006 (≈ 2006)
La cour d’appel de Lyon qualifie la DDC d’œuvre d’art.
16 décembre 2008
Ordre de remise en état
Ordre de remise en état 16 décembre 2008 (≈ 2008)
Délai de 9 mois imposé par Grenoble.
20 mars 2025
Reconnaissance officielle
Reconnaissance officielle 20 mars 2025 (≈ 2025)
Ministère de la Culture valide son statut d’œuvre totale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Thierry Ehrmann - Artiste plasticien et propriétaire
Initiateur de la transformation en 1999.
Pierre Dumont - Maire de Saint-Romain-au-Mont-d'Or (2004)
A porté plainte pour non-respect d’urbanisme.
Origine et histoire
La Demeure du Chaos, initialement appelée Domaine de la Source, était à l’origine un relais de poste du XVIIe siècle à Saint-Romain-au-Mont-d’Or, lui-même issu de l’ancien temple protestant de Saint-Romain-de-Couzon. Ce village, aujourd’hui scindé en deux communes distinctes, conserve un patrimoine architectural strictement réglementé par les Bâtiments de France. Sous l’impulsion de l’artiste Thierry Ehrmann, propriétaire depuis 1999, la demeure a été radicalement transformée : murs éventrés, façades peintes de noir, adjonction d’éléments post-apocalyptiques comme des carcasses de voitures ou un hélicoptère écrasé. Ces modifications, réalisées sans autorisation, ont déclenché des controverses locales et judiciaires.
La Demeure du Chaos est devenue un musée d’art contemporain gratuit, le Musée L’Organe, exposant 4 509 œuvres de plus de 70 artistes dans un esprit de « création perpétuelle », inspiré de la Factory d’Andy Warhol. Le site, ceint de vidéosurveillance, évoque un no man’s land militaire, intégrant des références à des événements médiatiques comme les attentats du 11 septembre 2001 ou les émeutes en banlieue. Il abrite également le siège du Groupe Serveur et de sa filiale Artprice, dirigée par Ehrmann. En 2025, le ministère de la Culture a reconnu officiellement la Demeure du Chaos comme « œuvre d’art totale », mettant fin à des décennies de débats sur son statut artistique.
Dès 2004, les modifications non autorisées ont provoqué un conflit judiciaire opposant Thierry Ehrmann à la mairie de Saint-Romain-au-Mont-d’Or et à un collectif de riverains, le Collectif des Saromagnots. Condamné en 2006 à une amende de 200 000 euros pour « absence de déclaration préalable », Ehrmann a vu sa demeure reconnue comme une œuvre d’art par la cour d’appel de Lyon, évitant ainsi sa destruction. Cependant, la cour d’appel de Grenoble a ordonné en 2008 sa remise en état sous 9 mois, sous peine d’astreinte. Après l’épuisement des recours français, Ehrmann a saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en 2013, tandis que la bataille judiciaire se poursuivait jusqu’en 2022, date à laquelle la commune a finalement suspendu ses procédures.
La Demeure du Chaos propose une visite libre et gratuite, offrant aux visiteurs des posters et le livre Honte à Vous, ainsi que la possibilité de signer une pétition de soutien. Le site, qui revendique 181 000 signataires en faveur de sa préservation contre 110 pour sa fermeture, s’inscrit dans une démarche artistique provocatrice et engagée. Les publications associées, comme Abode of Chaos Spirit ou le Catalogue raisonné, documentent cette œuvre en perpétuelle évolution, tandis que des reportages (France 2, France 24) et une filmographie enrichissent sa notoriété internationale. Le lieu reste un symbole des tensions entre création artistique, règles d’urbanisme et acceptation sociale.