Origine et histoire du Musée Lalique
Le musée Lalique, inauguré en juillet 2011 à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin, Grand Est), est le seul musée européen entièrement consacré à l’œuvre de René Lalique (1860–1945), maître verrier et bijoutier emblématique de l’Art nouveau et de l’Art déco, ainsi qu’à ses successeurs. Installé sur l’ancien site verrier du Hochberg, il présente environ 650 pièces issues de ses collections, de dépôts de la société Lalique, et de prêts de musées parisiens (Arts décoratifs, Arts et Métiers) ou de collectionneurs privés. Le bâtiment, conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte en collaboration avec l’Atelier CRUPI et dUCKS scéno, se distingue par son intégration paysagère : semi-enterré, doté d’un toit végétalisé et de galeries vitrées reliant les espaces, il dialogue avec la forêt vosgienne environnante et les vestiges industriels du XIXe siècle.
L’exposition permanente, organisée de manière thématique et chronologique, retrace la carrière de Lalique, des bijoux Art nouveau aux créations en cristal contemporain, en passant par les flacons de parfum, les éléments architecturaux (comme les bouchons de radiateur) et les arts de la table. Les sources d’inspiration majeures de l’artiste — la femme, la faune et la flore — y sont mises en valeur, tandis qu’un hommage est rendu aux verriers perpétuant les savoir-faire traditionnels. Des supports multimédias (audiovisuels, photographies, documents d’archives) complètent la scénographie pour contextualiser son œuvre dans son époque. Le musée propose aussi des expositions temporaires annuelles, souvent labellisées d’intérêt national, explorant des thèmes variés : collaborations avec des artistes modernes (Picasso, Chagall), l’univers aquatique de Lalique, ou encore l’histoire du flaconnage et du parfum.
Géré par un syndicat mixte associant la Région Grand Est, la Collectivité européenne d’Alsace, la communauté de communes de Hanau-La Petite Pierre et la commune de Wingen-sur-Moder, le musée Lalique s’inscrit dans une dynamique de valorisation du patrimoine verrier local. Son parcours extérieur interprète l’histoire du site du Hochberg et des verriers des Vosges du Nord, tandis que ses jardins, inspirés par la nature chérie de Lalique, créent un lien entre art et environnement. Accessible à tous (personnes à mobilité réduite, familles), il dispose d’équipements modernes : boutique, restaurant, auditorium et vestiaire. Depuis 2020, il adapte sa programmation aux contraintes sanitaires, comme en témoigne l’exposition photographique « Gestes et savoir-faire » (2020) mettant en lumière les métiers de la cristallerie.
Parmi les expositions marquantes, citons « Suzanne Lalique-Haviland, le décor réinventé » (2012, labellisée par le ministère de la Culture), « Le Verre et les grands maîtres de l’art moderne » (2013, avec des œuvres de Chagall ou Picasso), « Lalique et l’art du voyage » (2016, sur les créations pour paquebots et trains de luxe), ou « 100 ans de Lalique en Alsace » (2022), célébrant le centenaire de l’implantation locale de la marque. En 2023, « Faune Puissance 3 » a réuni les collections du musée Lalique, du musée du verre de Meisenthal et de la Grande Place – musée Saint-Louis, soulignant les liens entre art verrier et représentation animale.
Le musée Lalique est aussi un acteur culturel régional, participant à des événements comme la Biennale Internationale du Verre (2015). Son ancrage territorial se renforce par des partenariats avec des institutions comme French Lines (pour l’exposition sur le voyage en 2016) ou le musée des Arts décoratifs de Paris. La scénographie, saluée pour son équilibre entre modernité et héritage, et la richesse des prêts extérieurs (notamment des musées parisiens) en font un lieu de référence pour l’étude du verre et du cristal, tout en attirant un public diversifié, des amateurs d’art aux touristes en quête de patrimoine industriel alsacien.