Origine et histoire du Musée municipal
Le Musée de Louviers, unique musée labellisé Musée de France de la communauté d'agglomération Seine-Eure, fut fondé en 1872 et installé en 1888 dans un bâtiment éclectique conçu par l'architecte Georges-Paul Roussel. Sa construction, financée en partie par Édouard Lanon (qui y légua sa collection), intégra aussi une bibliothèque et remplaça une aile de l’ancien couvent Saint-Louis. Le musée associe brique et pierre, avec un dôme orientalisant, et fut inauguré en 1888 sous la direction de Paul de Saint-Martin, premier conservateur et auteur de son catalogue initial.
Les collections, constituées d’achats, de legs (Lanon, Vignon, Lalun) et de donations (comme celle de Roussel), couvrent l’archéologie, les peintures, les arts décoratifs, le mobilier et les faïences (XVIIe–XIXe siècles). Un cambriolage en 1907 marqua son histoire. En 1996, une campagne de conservation préventive fut lancée : transfert des objets en réserves sécurisées, dépoussiérage, désinsectisation et conditionnement des 38 000 pièces estimées. Le musée met en valeur l’industrie textile locale, autrefois florissante, et propose des expositions temporaires annuelles dans la Galerie des Éphémères.
Parmi les œuvres phares figurent des peintures de Marie Guilhelmine Benoist (La Lecture de la Bible, 1810), Gustave Doyen (Baigneuse, 1882), ou encore des faïences de Rouen et Nevers. Les collections incluent aussi des sculptures (comme L’Exilé de Ludovic-Eugène Durand, 1877), des estampes (dont des gravures de Gustave Bertinot) et des objets ethnologiques normands. En 2018, les portes d’entrée furent restaurées grâce à la Fondation de France. Depuis 2020, Cédric Pannevel en est le directeur, succédant à Michel Natier.
Le musée organise des expositions thématiques, comme Blanche Hoschedé (2010) dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste, ou Venise, une question de point de vue (2024). Il conserve également des machines textiles du XIXe siècle, témoignages du passé industriel de Louviers. Malgré des réserves partiellement inaccessibles, il reste un lieu culturel dynamique, alliant patrimoine local, art contemporain et médiation adaptée aux enfants.