Construction de l'hôtel Lantin 1663-1664 (≈ 1664)
Édifié pour Étienne Lantin, parlementaire dijonnais.
1829
Acquisition par la famille Magnin
Acquisition par la famille Magnin 1829 (≈ 1829)
Racheté par Jean Hugues Magnin-Philippon, grand-père des collectionneurs.
1881-1935
Constitution de la collection
Constitution de la collection 1881-1935 (≈ 1908)
Période d'acquisition des 2 000 œuvres par Maurice et Jeanne Magnin.
1930-1932
Rénovation par Auguste Perret
Rénovation par Auguste Perret 1930-1932 (≈ 1931)
Aménagement des communs en béton armé.
1938
Ouverture du musée
Ouverture du musée 1938 (≈ 1938)
Présentation publique de la collection.
1939
Legs à l'État français
Legs à l'État français 1939 (≈ 1939)
Donation de Maurice Magnin à sa mort.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Maurice Magnin - Collectionneur et donateur
Conseiller maître à la Cour des comptes, légataire du musée.
Jeanne Magnin - Collectionneuse et artiste
Sœur de Maurice, critique d’art et peintre amateur.
Étienne Lantin - Premier propriétaire de l’hôtel
Parlementaire dijonnais, commanditaire de l’hôtel en 1663.
Auguste Perret - Architecte rénovateur
Amenagea les communs en 1930-1932 avec du béton armé.
Jean-Gabriel Goulinat - Ami et restaurateur
Restaurateur au Louvre, auteur d’un article sur le musée en 1938.
Origine et histoire
Le musée Magnin est né de la passion de deux collectionneurs, Maurice Magnin (1861-1939) et sa sœur Jeanne (1855-1937), qui ont réuni plus de 2 000 œuvres d’art entre 1881 et 1935. Conseiller maître à la Cour des comptes, Maurice, et artiste peintre amateur, Jeanne, ont acquis des œuvres souvent méconnues lors de ventes publiques, couvrant des tendances artistiques variées en France et à l’étranger. Leur collection, présentée dans leur hôtel particulier familial du XVIIe siècle, l’hôtel Lantin à Dijon, a été léguée à l’État en 1939. Les dispositions testamentaires de Maurice interdisent tout prêt des œuvres et tout enrichissement ultérieur de la collection.
L’hôtel Lantin, construit en 1663-1664 pour le parlementaire Étienne Lantin, a été acquis en 1829 par le grand-père des Magnin, Jean Hugues Magnin-Philippon. Transformé en 1851 par l’ajout d’un étage aux écuries, il fut ensuite aménagé par Maurice Magnin, qui confia la rénovation des communs à l’architecte Auguste Perret entre 1930 et 1932. Perret y maria béton armé et architecture classique, notamment dans la galerie zénithale. La muséographie, conçue comme un cabinet d’amateur, reflète l’esprit d’une demeure habitée, selon les vœux des Magnin.
La collection du musée se distingue par sa diversité : peintures des écoles du Nord (Flamands, Hollandais), italiennes (Renaissance au XVIIIe siècle) et françaises (XVIIe au XIXe siècle), ainsi que des dessins, sculptures et meubles. Les écoles du Nord incluent des œuvres de Pieter Brueghel le Jeune, Jan Weenix, ou Bartholomeus van der Helst, tandis que la section italienne présente des pièces de Giovanni Cariani, Carlo Dolci, ou Giambattista Tiepolo. L’école française, la plus représentée avec 650 œuvres, couvre des périodes allant du XVIIe siècle (Eustache Le Sueur, Laurent de La Hyre) au XIXe siècle (Jules Bastien-Lepage, Théodore Géricault).
Les Magnin ont également rassemblé plus de 600 dessins, dont des œuvres de David Wilkie, Jean-Baptiste Greuze, ou Eugène Delacroix, ainsi que des sculptures comme Le Printemps et L’Automne de Juste Le Court. Leur collection reflète un éclectisme marqué, avec des artistes alors oubliés comme Anne-Louis Girodet ou Charles Meynier. Les meubles, intégrés à la muséographie, incluent des pièces rares comme un secrétaire estampillé Bon Durand (1761). Le musée, installé dans un hôtel particulier classé, offre une immersion dans l’univers intimiste et érudit de ses fondateurs.
Le legs des Magnin s’inscrit dans une tradition de donations ayant permis la création de musées en France, comme les musées Jacquemart-André à Paris ou Bonnat-Helleu à Bayonne. Leur choix de présenter les œuvres dans un cadre domestique, sans modification ultérieure, en fait un témoignage unique des goûts artistiques de la bourgeoisie cultivée de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Le musée, labellisé « Musée de France », reste un lieu préservé, où l’art et l’histoire se mêlent dans un écrin architectural exceptionnel.
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