Origine et histoire du Musée napoléonien
Le château de Malmaison, situé à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine, est mentionné dès le Moyen Âge comme un fief avec un manoir. Au XVe siècle, il passe entre les mains de familles bourgeoises parisiennes, dont les Goudet, les Dubois et les Dauvergne, avant d’être acquis en 1390 par Guillaume Goudet, marchand parisien. Au XVIIe siècle, Christophe Perrot, conseiller au Parlement de Paris, entreprend la construction d’un nouveau château, composé d’un corps de logis flanqué de pavillons. Le domaine est ensuite transmis aux Barentin, qui y apportent des modifications architecturales, comme l’ajout d’ailes mansardées.
En 1799, Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Bonaparte, achète le château pour 325 000 francs. Napoléon, après le coup d’État du 18 Brumaire, en devient copropriétaire et confie sa rénovation aux architectes Percier et Fontaine. Le château devient un lieu central du pouvoir pendant le Consulat, avant que Napoléon ne privilégie Saint-Cloud. Joséphine, après son divorce en 1809, en fait sa résidence principale et y développe un jardin exceptionnel, peuplé de plantes exotiques et d’animaux rares, avec l’aide de jardiniers comme Thomas Blaikie et André Dupont.
Le parc de Malmaison, aménagé dans le style anglais, abrite une roseraie légendaire de 250 variétés, documentée par Pierre-Joseph Redouté. Joséphine y introduit des espèces végétales et animales du monde entier, notamment grâce aux expéditions scientifiques commanditées par Napoléon. Après sa mort en 1814, le domaine est dispersé, puis restauré au XIXe siècle par le mécène Daniel Iffla (Osiris), qui le lègue à l’État en 1904. Depuis 1906, le château est un musée national dédié à l’histoire napoléonienne, classé monument historique.
Le château subit des dégradations pendant la guerre franco-prussienne de 1870, avant d’être restauré par l’architecte Pierre Humbert. Les collections du musée incluent des objets d’art consulaire, des meubles d’époque, et des témoignages de la vie de Joséphine et Napoléon. Le domaine, réduit à 6 hectares, conserve une partie de son parc historique, labellisé « jardin remarquable ». Le château de Bois-Préau, annexe du musée, abrite des collections consacrées à Sainte-Hélène et au retour des cendres de Napoléon en 1840.
La façade du château, côté parc, est ornée de statues et de vases provenant des jardins de Marly, tandis que des obélisques en marbre, autrefois dorés, marquent l’entrée. L’intérieur, restauré pour retrouver son aspect sous le Consulat, comprend des pièces emblématiques comme la salle du Conseil, décorée en forme de tente militaire, et la bibliothèque. Le musée présente aujourd’hui un ensemble homogène de mobilier et d’objets d’art du Premier Empire, offrant un témoignage unique de cette période.