Frise chronologique
1911-1914
Construction de l'hôtel
Construction de l'hôtel
1911-1914 (≈ 1913)
Bâti par René Sergent pour Moïse de Camondo.
5 septembre 1917
Mort de Nissim de Camondo
Mort de Nissim de Camondo
5 septembre 1917 (≈ 1917)
Fils de Moïse, pilote abattu pendant la Première Guerre.
décembre 1936
Inauguration du musée
Inauguration du musée
décembre 1936 (≈ 1936)
Ouverture au public après le legs de Moïse.
1940-1945
Évacuation des collections
Évacuation des collections
1940-1945 (≈ 1943)
Œuvres cachées à Valençay pendant l'Occupation.
2 mars 2005
Classement monument historique
Classement monument historique
2 mars 2005 (≈ 2005)
Protection totale de l'hôtel et des jardins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Moïse de Camondo - Collectionneur et mécène |
Léguaire de l'hôtel et des collections. |
| Nissim de Camondo - Fils de Moïse, pilote |
Musée nommé en sa mémoire. |
| René Sergent - Architecte |
Concepteur de l'hôtel inspiré du Petit Trianon. |
| Achille Duchêne - Paysagiste |
Auteur des jardins de l'hôtel. |
| Béatrice de Camondo - Fille de Moïse |
Inaugura le musée en 1936. |
| Carle Dreyfus - Conservateur au Louvre |
Organisa l'évacuation des œuvres en 1940. |
Origine et histoire
Le musée Nissim-de-Camondo, inauguré en décembre 1936, est installé dans l’hôtel particulier de Moïse de Camondo, construit entre 1911 et 1914 par l’architecte René Sergent. Inspiré du Petit Trianon de Versailles, cet édifice néo-classique borde le parc Monceau et abrite une collection unique de mobilier et d’objets d’art du XVIIIe siècle français. Moïse de Camondo, héritier d’une dynastie de banquiers sépharades, y rassembla des pièces rares issues de l’aristocratie française, achetées auprès des plus grands antiquaires de l’époque comme les frères Seligmann.
L’hôtel fut légué à l’Union centrale des arts décoratifs (UCAD) en mémoire de son fils Nissim, pilote mort au combat en 1917. Le testament de Moïse imposait une présentation inchangée des collections, reflétant son ambition de reconstituer une demeure aristocratique du XVIIIe siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les œuvres furent évacuées au château de Valençay, échappant ainsi aux spoliations nazies. La famille Camondo, déportée en 1943-1944, disparut presque entièrement à Auschwitz, ne laissant aucun héritier direct.
Classé monument historique en 2005, le musée conserve aujourd’hui son agencement d’origine, avec des salons richement meublés, une bibliothèque aux reliures précieuses, et des pièces intimistes comme le cabinet de porcelaines ou les appartements privés. Les salles de bains et la cuisine illustrent le confort moderne intégré discrètement dans ce cadre historique. Le legs de Moïse de Camondo, marqué par la tragédie familiale, offre un témoignage unique du goût français et de l’histoire des collections au début du XXe siècle.
Le musée fut restauré à partir des années 1980 grâce à un mécénat international, redonnant éclat aux tissus, meubles et objets. Les collections incluent des œuvres majeures de Riesener, Oeben, Vigée-Lebrun, ou encore des services de porcelaine de Sèvres et de Meissen. L’absence quasi totale de références juives dans la demeure reflète le désir d’assimilation de la famille, bien que quelques objets liturgiques subsistent, comme des chandeliers de chabbat.
L’histoire du musée est aussi celle de sa survie pendant l’Occupation : son statut de legs public et son ouverture récente en 1936 le protégea des saisies nazies, ciblant surtout les biens juifs privés. Les œuvres, cachées à Valençay, furent sauvées in extremis en 1944 lorsque des SS envisagèrent de détruire le château. Depuis, le musée célèbre à la fois l’art français du XVIIIe siècle et la mémoire des Camondo, famille de mécènes disparue dans la Shoah.
Conditions de visite
Téléphone : 01 53 89 06 50 ou 06 40 (boîte vocale)
Ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site du musée ci-dessus.
Contact organisation : 01 44 55 57 50