Origine et histoire du Musée pyrénéen
Le musée pyrénéen de Lourdes est né de la passion de Louis Le Bondidier (1878-1945) et de son épouse Margalide pour les Pyrénées. Ce couple de Lorrains, tombés amoureux des montagnes, y déposa leurs collections accumulées lors de leurs explorations pyrénéistes. En 1913, contraint par la maladie, Le Bondidier se consacre entièrement à son projet de musée. Soutenu par le Touring Club de France, il obtient en 1921 l’usage du château fort de Lourdes – alors réservoir d’eau municipal – via un bail de 99 ans. Le musée ouvre cette même année, avec Le Bondidier comme conservateur, et s’enrichit grâce à ses réseaux et à ses éditions (l’Échauguette). Margalide, quant à elle, réalise des maquettes d’édifices pyrénéens emblématiques, comme la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges.
Le château fort, site stratégique dominant les sept vallées du Lavedan, possède des fondations remontant aux XIe-XIIe siècles, bien que son origine soit bien plus ancienne (occupation romaine et légende carolingienne). Renforcé aux XIIIe-XIVe siècles par un donjon massif, il subit des aménagements jusqu’au XIXe siècle. Classé Monument historique, il abrite aujourd’hui des collections variées : objets ethnographiques (pastoralisme, agriculture, mobilier régional), arts décoratifs (faïences de Samadet, mobilier baroque), fonds d’archives des grands pyrénéistes (Ramond, Schrader, Russell), et une riche iconographie (6 200 estampes, peintures, photographies depuis 1854). Labellisé Musée de France, il est géré après 1960 par des conservateurs comme Jean Robert ou Geneviève Marsan.
Les expositions temporaires du musée mettent en lumière des figures majeures des Pyrénées, comme Viollet-le-Duc, Delacroix, ou le photographe Lucien Briet. L’Association des Amis du Musée, fondée par les Le Bondidier, perpétue leur œuvre via des publications, dont la revue Pyrénées (depuis 1950), et des ouvrages sur l’histoire locale. Le musée conserve aussi des archives uniques sur Lourdes au temps des apparitions (1858) et des bibliothèques personnelles, comme celle de Ramond de Carbonnières. Son fonds cartographique, avec des cartes depuis le XVIe siècle, et ses collections militaires ou scientifiques (géologie, mammalogie) en font une référence pour l’étude des Pyrénées françaises et espagnoles.