Origine et histoire du Musée René Baubérot
Le musée René Baubérot de Châteauponsac a été fondé en 1944 par René Baubérot, professeur d’histoire et archéologue passionné. Il créa également la société Notre Terroir, puis devint conservateur du musée de 1963 à 1976. Le musée fut initialement conçu pour abriter des vestiges gallo-romains, notamment ceux découverts lors de fouilles à La Bussière Étable, où Baubérot exhuma une sépulture à char et des urnes cinéraires. Certains objets furent cédés au musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, tandis que d’autres formèrent le noyau des collections locales.
En 1957, le musée s’installa dans un ancien prieuré bénédictin du XIVe siècle, place Saint-Thyrse, après avoir occupé la maison Fort. Paul Schweitzer (1907–1984) joua un rôle clé entre 1973 et 1982 en réorganisant les collections et en développant les sections ethnographiques, portant le nombre de salles à 17. Ces espaces, répartis sur trois étages, illustrent la vie quotidienne en Limousin aux XVIIIe et XIXe siècles, avec des outils, vêtements, meubles et documents d’archives. Une annexe, la Maison du Terroir, fut ajoutée en 1988 pour des expositions temporaires.
Le musée obtint le label Musée de France en 2003, reconnaissant son importance patrimoniale. Géré par l’association Notre Terroir jusqu’en 2024, il passa ensuite sous la responsabilité de la municipalité de Châteauponsac. Ses collections couvrent l’archéologie (préhistoire, gallo-romain, médiéval), l’ethnologie (métiers, costumes, habitat) et l’histoire locale, avec des pièces remarquables comme un manteau de Paul Poiret ou des chefs-d’œuvre de compagnons. Le prieuré, anciennement demeure seigneuriale et école, abrite aujourd’hui 900 m2 d’expositions.
Les fouilles archéologiques menées par Baubérot, notamment à La Bussière Étable, révélèrent une villa gallo-romaine et un riche mobilier funéraire. Ces découvertes, complétées par des dons et legs (comme ceux de Louis Timbal, cartographe local), enrichirent les collections. Le musée reste un témoignage unique des traditions limousines, alliant patrimoine matériel et immatériel, de l’Antiquité au XXe siècle.