Frise chronologique
1847
Fondation de l’Hôtel des Étrangers
Fondation de l’Hôtel des Étrangers
1847 (≈ 1847)
Ouverture initiale sous ce nom.
juin 1940
Réquisition par l’armée allemande
Réquisition par l’armée allemande
juin 1940 (≈ 1940)
L’hôtel devient un lieu logistique.
juin 1941
Construction du bunker
Construction du bunker
juin 1941 (≈ 1941)
Début des travaux par Hanbuch & Sohn.
octobre 1941
Achèvement du bunker
Achèvement du bunker
octobre 1941 (≈ 1941)
Mise en service pour la Kriegsmarine.
8 mai 1945
Libération de La Rochelle
Libération de La Rochelle
8 mai 1945 (≈ 1945)
Fin de l’occupation allemande.
1984
Ouverture du musée
Ouverture du musée
1984 (≈ 1984)
Première accessibilité au public.
mai 2013
Réouverture permanente
Réouverture permanente
mai 2013 (≈ 2013)
Après réaménagement complet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Baptiste Menez - Propriétaire de l’Hôtel des Étrangers |
Rachat de l’hôtel en 1899. |
| René Menez - Successeur à la direction |
Dirige l’hôtel à partir de 1924. |
| Philippe Menez - Dernier exploitant de l’hôtel |
Gère l’établissement jusqu’en 1975. |
| Annie Chèrié - Artiste décoratrice |
Auteur des fresques du bar. |
| Ruth Monsheimer - Artiste décoratrice |
Création des fresques en 1942. |
| Jean-Luc Labour - Sauveur du bunker |
Achat et ouverture au public. |
| Luc et Marc Braeuer - Réaménageurs du musée |
Réouverture définitive en 2013. |
Origine et histoire
Le Bunker de La Rochelle, aujourd’hui transformé en musée, était à l’origine un abri anti-aérien construit en 1941 par l’organisation Todt pour la Kriegsmarine. Destiné à protéger les officiers des sous-marins (U-Boote) stationnés à La Pallice, il fut édifié sous l’Hôtel des Étrangers, réquisitionné dès 1940. Le bunker, d’une superficie de 280 m2, comprenait des chambrées, un bar décoré de fresques marines, et des sanitaires, le tout recouvert d’un immeuble neuf servant d’extension à l’hôtel. Les accès, exclusifs depuis l’hôtel, en firent un lieu clos et stratégique pendant les 350 alertes aériennes subies par la ville.
À la Libération en 1945, le bunker fut brièvement utilisé par la Marine Nationale avant d’être scellé et oublié jusqu’en 1982. Cette année-là, un promoteur immobilier le redécouvrit lors de la démolition de l’Hôtel des Étrangers. Sauvé in extremis par Jean-Luc Labour, alors employé à l’Office du Tourisme, il fut restauré et ouvert au public en 1984 sous le nom de Musée rochelais de la Dernière Guerre. Le musée ferme partiellement en 1994, puis rouvre définitivement en 2013 après un réaménagement mené par Luc et Marc Braeuer, passionnés d’histoire.
Le bar du bunker, resté intact, est un témoignage unique de la vie des officiers allemands. Ses fresques marines, réalisées en 1942 par deux artistes civiles allemandes de Hambourg — Annie Chèrié et Ruth Monsheimer —, illustrent des scènes sous-marines et des symboles de la Kriegsmarine. Ces décoratrices, embauchées pour humaniser les lieux, signèrent leurs œuvres sous les pseudonymes Chèr et Mon. avant de poursuivre leur travail dans d’autres bases sous-marines, comme Saint-Nazaire ou la Norvège. Leur passage à La Rochelle révèle l’importance accordée à la propagande et au moral des troupes, même dans des espaces fonctionnels.
L’Hôtel des Étrangers, fondé en 1847, fut le cœur logistique de cette installation militaire. Rachat en 1899 par Baptiste Menez, puis dirigé par son fils René à partir de 1924, l’hôtel devint un lieu clé pour la Kriegsmarine dès 1941. Les immeubles voisins (8 et 10 rue des Dames) furent rasés pour permettre la construction du bunker, dont les murs de 2 mètres de béton armé résistaient aux bombardements. Après-guerre, l’hôtel fut exploité par Philippe Menez jusqu’en 1975, avant sa destruction partielle en 1981. Aujourd’hui, le bunker, seul vestige de cette époque, offre une plongée dans le quotidien de l’occupation allemande à La Rochelle.
La base sous-marine de La Pallice, cible des 42 raids alliés, épargna miraculeusement le centre-ville historique. Le bunker, conçu pour abriter jusqu’à 62 officiers et deux amiraux, servit de refuge lors des alertes, mais aussi de lieu de célébration. Les fêtes y étaient organisées pour marquer les retours de mission — souvent périlleux, avec une espérance de vie moyenne de trois semaines pour les équipages après mai 1943. La réouverture du musée en 2013, avec sa scénographie enrichie, permet désormais de comprendre ce pan méconnu de l’Histoire locale, entre stratégie militaire et vie quotidienne sous l’Occupation.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Contact organisation : 05.46.42.52.89