Frise chronologique
1475
Construction initiale
Construction initiale
1475 (≈ 1475)
Cardinal Rolin fait bâtir le logement.
1791
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire
1791 (≈ 1791)
Bâtiment acquis par Jossier, rue renommée.
1845
Héritage Verger-Tarin
Héritage Verger-Tarin
1845 (≈ 1845)
Louise-Philiberte Verger-Tarin en devient propriétaire.
1913
Mort de Victor Verger-Tarin
Mort de Victor Verger-Tarin
1913 (≈ 1913)
L’hôtel passe à sa nièce Marie Bachelet.
1933
Vente à la Société Eduenne
Vente à la Société Eduenne
1933 (≈ 1933)
Maison et mobilier cédés sous réserve d’usufruit.
1939
Création du musée
Création du musée
1939 (≈ 1939)
Ouverture après la mort de Marie Bachelet.
1954
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
1954 (≈ 1954)
Autun devient propriétaire du musée.
1980
Réorganisation
Réorganisation
1980 (≈ 1980)
Restauration et nouvelle muséographie.
2011
Fermeture au public
Fermeture au public
2011 (≈ 2011)
Dégâts structurels non réparés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Cardinal Rolin - Commanditaire initial |
Fait construire le bâtiment en 1475. |
| Chevalier Pasquier - Propriétaire à la Restauration |
Commandant de la garde nationale locale. |
| Louise-Philiberte Verger-Tarin - Héritière en 1845 |
Veuve, nièce du chevalier Pasquier. |
| Victor Verger-Tarin - Régisseur de domaines |
Célibataire, copropriétaire avec son frère. |
| Marie Bachelet - Dernière héritière |
Vend la maison en 1933 à la Société Eduenne. |
Origine et histoire
Le musée Verger-Tarin, aussi appelé maison Verger-Tarin ou hôtel des Lions, est un hôtel particulier du XVe siècle situé 7 rue des Sous-Chantres à Autun. À l’origine, le cardinal Rolin y fit construire en 1475 un bâtiment pour loger des enfants de chœur et leurs maîtres, entre deux murs préexistants. La rue prit plus tard le nom de Sous-Chantres en 1791, en référence à ses occupants. L’édifice changea plusieurs fois de mains, notamment en 1791 quand il appartint à un dénommé Jossier, puis fut acquis à la Restauration par le chevalier Pasquier, commandant de la garde nationale locale.
En 1845, Louise-Philiberte Verger-Tarin, veuve et nièce du chevalier Pasquier, en hérita. Elle y vécut avec ses deux fils célibataires, Victor et Henri, jusqu’à leur mort. Victor, régisseur de domaines, mourut en 1913, léguant l’hôtel à sa nièce Marie Bachelet, sans descendance. En 1933, cette dernière vendit la demeure et son mobilier à la Société Eduenne, se réservant le droit d’y habiter jusqu’à sa mort en 1939. La Société Eduenne en fit alors un musée, avant que la ville d’Autun n’en devienne propriétaire en 1954.
Le musée, dédié à l’ethnologie et à la vie bourgeoise des XVIIIe et XIXe siècles, fut réorganisé en 1980 après une période d’abandon. Entre 2001 et 2002, il accueillit des visites guidées et des animations théâtrales, mais des dégâts structurels (comme l’écroulement du plafond de la cuisine) le rendirent inaccessible à partir de 2011. L’édifice, modeste pour une demeure aisée, conserve des éléments architecturaux des XVIe et XIXe siècles, comme une galerie en bois, des lions de pierre sur la façade, et un mobilier d’époque (cuivre étamé, meubles Louis XV, Empire, ou Restauration).
La collection reflète le quotidien d’une famille bourgeoise : la cuisine expose des ustensiles en cuivre et étain (XVIIe–XIXe), tandis que les salons et chambres présentent des meubles Louis XVI, Empire ou Régence, des portraits familiaux, et une bibliothèque du XVIIIe. L’escalier, orné de paysages et de portraits, mène à des pièces comme la chambre de Mademoiselle (style Restauration) ou une chambre à coucher avec un lit à la polonaise. Malgré son état actuel, le musée reste un témoignage rare de l’art de vivre provincial aux XVIIIe et XIXe siècles.
L’histoire du bâtiment, marquée par des transformations successives, illustre aussi les mutations sociales d’Autun : de logement pour enfants de chœur à résidence bourgeoise, puis à musée. Les Verger-Tarin, famille sans héritiers directs, permirent par leur legs la préservation d’un patrimoine mobilier et immobilier aujourd’hui menacé par le manque d’entretien. Les sources locales (Grivois, Berthollet) soulignent son importance pour l’histoire ethnologique de la Bourgogne-Franche-Comté.