Origine et histoire des Musées Gadagne
Les Musées Gadagne de Lyon occupent un hôtel particulier du XVe et XVIe siècles, l’Hôtel de Gadagne, situé dans le quartier Saint-Jean du Vieux Lyon. Ce bâtiment, initialement la propriété des familles d’Albant puis de Pierrevive, fut transformé par les frères Pierrevive au début du XVIe siècle. Loué en 1538 par le marchand-banquier Thomas II de Gadagne, il devint un symbole de la richesse florentine à Lyon, avant d’être racheté en 1545 par ses fils, Guillaume et Thomas III, qui y menèrent une vie fastueuse.
L’hôtel fut fragmenté au XVIIIe siècle avant d’être partiellement sauvé par la ville de Lyon en 1902. Classé monument historique en 1920, il abritait dès 1921 un musée dédié à l’histoire de Lyon, enrichi par des collections comme celle de Sébastien-Louis Rosaz (10 000 objets) ou le legs François Morel. En 1950, s’y ajouta le Musée des arts de la Marionnette, centré autour de Guignol, marionnette emblématique lyonnaise.
Entre 1998 et 2009, l’Hôtel de Gadagne fit l’objet d’une restauration majeure dirigée par Didier Repellin, doublant sa surface utile à 6 300 m2. Le musée rouvrit en 2009 avec deux parcours permanents : l’un sur l’histoire lyonnaise (30 salles), l’autre sur les marionnettes du monde. Depuis 2019, le Musée d’Histoire de Lyon (MHL) modernise son parcours en quatre étapes, intégrant des thèmes comme l’industrie, les fleuves, et les engagements citoyens, malgré des critiques sur son approche jugée trop militante.
Le Musée des arts de la Marionnette (MAM), renouvelé en 2022 avec l’exposition permanente Virevolte, met en avant 110 nouvelles pièces et des artistes contemporains. Une salle, Carte Blanche, est dédiée à des expositions temporaires, comme celle consacrée en 2023 à Michaël Meschke. Les collections comptent plus de 2 000 marionnettes, décors et accessoires, complétés par des archives filmées et des ateliers pédagogiques.
L’Hôtel de Gadagne illustre l’architecture Renaissance lyonnaise, avec une cour majestueuse, des galeries superposées et un jardin suspendu. Sa restauration a préservé les éléments historiques (puits, façades) tout en intégrant des extensions contemporaines en béton et verre. Le site, géré par 50 employés avec un budget de 3 millions d’euros, attire par son double héritage : un écrin patrimonial et un lieu de diffusion culturelle innovant.
Les controverses récentes portent sur la refonte du MHL, accusé par Le Figaro d’être « ultra-politisé », tandis que Lyon Capitale salue son approche novatrice. Le musée défend un parti pris pédagogique pour toucher un public élargi, au-delà des amateurs d’histoire traditionnels. Les collections, enrichies depuis 1921, couvrent l’archéologie, les arts décoratifs, et l’ethnologie, avec des pièces comme les objets de Justin Godart ou les archives maçonniques.