Origine et histoire du Muséum-aquarium
Le Muséum-Aquarium de Nancy (MAN) trouve ses origines en 1752, lorsque Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine, fonde un Collège Royal de Médecine. Ce dernier rassemble dix-sept cabinets de curiosités régionaux, incluant fossiles, animaux naturalisés et herbiers. Ces collections, initialement utilisées pour l’enseignement de l’anatomie et de la botanique, sont transférées en 1798 à l’École Centrale de la Meurthe, avant d’être négligées après 1804.
Au XIXe siècle, sous l’impulsion de naturalistes comme Dominique-Alexandre Godron et Lucien Cuénot, les collections s’enrichissent et s’organisent. En 1933, un bâtiment dédié, conçu par les frères André et inspiré par Frank Lloyd Wright, est inauguré pour abriter l’Institut de Zoologie. Sa façade aveugle, typique de l’Art déco, répond aux besoins de conservation des spécimens. Les aquariums tropicaux apparaissent dans les années 1970 sous la direction de Bruno Condé, transformant le musée en un lieu vivant.
Classé monument historique en 2016, le Muséum-Aquarium se distingue par ses 57 aquariums (eau douce, marine, saumâtre) et sa galerie de zoologie, organisée autour de l’arbre généalogique de Lucien Cuénot. En 2004, il obtient le label Musée de France, protégeant ses 140 000 spécimens, dont 18 000 naturalisés. Le lieu allie aujourd’hui recherche scientifique, pédagogie et expositions temporaires, comme Poils (2020) ou Moches ! (2016-2017).
L’architecture moderniste du bâtiment, avec son amphithéâtre de 298 places et ses galeries thématiques (Nautilus, Calypso, Astrolabe), en fait un site culturel majeur de Nancy. Le jardin Dominique Alexandre Godron, ancien jardin botanique adjacent, complète ce patrimoine dédié à la biodiversité et à l’histoire naturelle.
Les collections vivantes, incluant 80 espèces d’eau douce et 110 espèces marines, sont soigneusement maintenues via des protocoles de quarantaine et de filtration indépendante. Les décors des aquariums reproduisent des écosystèmes variés, des récifs coralliens (mer Rouge, Pacifique) aux lacs africains. Une spécificité du musée réside dans l’étude des poissons électriques, thème récurrent de ses expositions pédagogiques.