Origine et histoire du Muséum d'histoire naturelle
Le muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence a été fondé en 1838 grâce à l’achat de la collection d’oiseaux de Madeleine Carle, veuve d’un pharmacien aixois, et au don des collections scientifiques du géologue Henri Coquand, premier conservateur. Installé initialement dans deux salles de l’hôtel de ville, il a bénéficié de dons de naturalistes locaux comme Hippolyte de Fonscolombe et le père de Gaston de Saporta. Son ouverture officielle, annoncée en 1839 par Le Mémorial d’Aix, marqua le début d’une institution dédiée aux sciences naturelles, bien que son activité décline après le départ de Coquand en 1843.
En 1892, le musée connut un renouveau grâce aux dons majeurs de Louise Rostan d’Abancourt (fossiles, minéraux, objets préhistoriques) et du docteur Philippe Aude. Ces apports permirent son transfert en 1895 dans une salle du musée des Peintures, puis en 1905 dans un bâtiment dédié boulevard du Roi-René, inauguré devant 5 000 visiteurs. La Première Guerre mondiale entraîna sa fermeture temporaire, suivie d’une réouverture en 1921. En 1936, l’armée réquisitionna les locaux, forçant un déménagement précipité et désorganisé, durant lequel une partie des collections fut perdue, notamment après l’incendie de l’école Dombre en 1944.
La renaissance du muséum après 1945 fut portée par Raymond Dughi, conservateur bénévole, qui supervisa son installation en 1953 dans l’hôtel Boyer-d’Éguilles, un monument historique du XVIIe siècle. Les découvertes paléontologiques locales, comme des œufs de dinosaures dans la Sainte-Victoire (années 1950), renforcèrent sa notoriété. Malgré des espaces limités, le musée développa des réserves externes en 2001 et entama des projets de déménagement, notamment vers le parc Saint-Mitre (prévu pour 2019-2020). Depuis 2014, les collections, fermées au public, restent accessibles pour des activités éducatives.
Les collections du muséum couvrent six domaines majeurs : paléontologie (70 000 spécimens, dont des dinosaures comme Rhabdodon et Arcovenator), botanique (300 000 échantillons d’herbiers, dont des types nomenclaturaux), zoologie (546 mammifères, 1 970 oiseaux), minéralogie (13 360 échantillons), préhistoire (outils lithiques d’Afrique du Nord), et ethnologie (objets récents saisis par les douanes). La collection de phrénologie, incluant des moulages crâniens de figures historiques comme Napoléon Ier ou Champollion, témoigne aussi de son éclectisme.
La recherche scientifique a joué un rôle clé dans l’histoire récente du muséum. Depuis les années 1990, ses équipes ont mené des fouilles paléontologiques en Provence, découvrant des spécimens uniques comme le Mistralestes arcensis (mammifère du Crétacé) ou des nids de dinosaures. En botanique, le muséum a numérisé ses herbiers et participé à des inventaires régionaux (programme E-RecolNat). Malgré des péripéties (fermetures, incendies, déménagements), il reste un acteur majeur de la préservation du patrimoine naturel provençal, avec 473 700 échantillons conservés.