Origine et histoire du Muséum d'histoire naturelle
Le Muséum d'histoire naturelle de Grenoble trouve ses origines en 1772, lorsque des notables grenoblois, dont le docteur Henri Gagnon, lancent une souscription pour acquérir la bibliothèque de Monseigneur Jean de Caulet. En 1773, une bibliothèque publique est créée dans l’ancien collège des Jésuites (actuel lycée Stendhal). Deux ans plus tard, en 1775, un Cabinet d’histoire naturelle y est annexé, grâce à l’initiative du docteur Gagnon et du père Étienne Ducros, premier garde du cabinet. Les collections initiales proviennent de dons, comme celles de Christophe Pajot de Marcheval, Intendant du Dauphiné, ou du cabinet de curiosités de l’abbaye de Saint-Antoine.
En 1845, le maire Frédéric Taulier propose la construction d’un nouveau bâtiment pour abriter les collections grandissantes. Inauguré en 1855 dans le Jardin des plantes, le musée prend alors le nom de Muséum. Le bâtiment, conçu par l’architecte Paul Benoît Barillon, intègre une colonnade en pierre de l’Échaillon et une salle ornée de boiseries. En 1871, seize médaillons représentant des scientifiques, sculptés par Charles Aimé Irvoy, y sont ajoutés. Le jardin abrite aussi une rivière artificielle avec le premier ouvrage en béton coulé au monde, réalisé par Joseph et Louis Vicat en 1855.
Le Muséum connaît une rénovation majeure entre 1986 et 1989, modernisant ses salles d’exposition tout en conservant ses boiseries historiques. Une éléphante naturalisée, Eulalie, acquise en 1878, devient l’emblème du musée. En 1988, un nouveau bâtiment administratif et une orangerie pour les expositions temporaires sont inaugurés. Aujourd’hui, le Muséum présente des collections riches d’1,5 million de spécimens, couvrant la botanique, la zoologie, la géologie et l’ethnologie, avec une fréquentation annuelle d’environ 80 000 visiteurs.
Les façades et toitures du Muséum, en bordure du Jardin des plantes, sont inscrites aux monuments historiques depuis le 24 janvier 1944. Le musée reste un lieu clé pour la diffusion des sciences naturelles, avec des expositions permanentes comme Montagne vivante (faune alpine) ou Cristal Symphonie (minéralogie). Une bibliothèque scientifique publique, riche d’un fonds patrimonial, complète ses ressources.
Parmi les conservateurs marquants, on compte Étienne Ducros (1775-1807), Jacques-Joseph Champollion-Figeac (frère de Jean-François Champollion), ou encore Albin Crépu, qui acquiert l’herbier de Dominique Villars. Depuis 2019, Rebecca Bilon dirige l’institution, perpétuant son rôle dans la préservation et la valorisation du patrimoine naturel.
Le Muséum est situé rue Dolomieu, à proximité de l’hôtel de ville de Grenoble, et est desservi par les transports en commun (tramway ligne C, bus). Son accès est facilité par sa localisation centrale, dans un quartier historique de la ville.