Construction initiale XVIe siècle (≈ 1650)
Les parties les plus anciennes de l'hôtel Çagarriga remontent à cette période.
1770
Création du cabinet
Création du cabinet 1770 (≈ 1770)
L'Université de Perpignan crée un cabinet de curiosités, noyau des collections.
1793
Tribunal révolutionnaire
Tribunal révolutionnaire 1793 (≈ 1793)
Le bâtiment accueille le tribunal révolutionnaire pendant la Révolution.
1835
Intégration des collections
Intégration des collections 1835 (≈ 1835)
La Société philomatique intègre ses pièces au cabinet de curiosités.
1840
Fondation du muséum
Fondation du muséum 1840 (≈ 1840)
La ville acquiert les collections et fonde le muséum d'histoire naturelle.
1898-1901
Transformations majeures
Transformations majeures 1898-1901 (≈ 1900)
Léon Baille transforme le bâtiment et construit l'École primaire supérieure de garçons.
1900
Installation du muséum
Installation du muséum 1900 (≈ 1900)
Le muséum s'installe dans l'hôtel Çagarriga.
1964
Classement de éléments
Classement de éléments 1964 (≈ 1964)
Plusieurs éléments du bâtiment sont classés, dont une fenêtre sculptée et la rampe en fer forgé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fenêtre sculptée sur cour et rampe en fer forgé de l'escalier (cad. I 1925) : inscription par arrêté du 9 octobre 1964
Personnages clés
Raymond Çagarriga
Propriétaire de l'hôtel particulier avant sa vente à la ville.
Ibrahim Pacha
A offert une momie égyptienne au muséum en 1847.
Léon Baille
Architecte responsable des transformations majeures du bâtiment à la fin du XIXe siècle.
Origine et histoire du Muséum d'Histoire naturelle
Le muséum d'histoire naturelle de Perpignan occupe l'hôtel Çagarriga, un hôtel particulier dont les parties les plus anciennes remontent au XVIe siècle. Le noyau des collections provient du cabinet de curiosités créé par l'Université de Perpignan en 1770 ; la Société philomatique y a intégré ses propres pièces en 1835, puis la ville a acquis ces collections le 4 août 1840 et fondé le muséum. Initialement installé dans l'ancienne université, le muséum a été transféré en 1900 à l'hôtel acheté à Raymond Çagarriga. Les collections comprennent des spécimens d'archéologie, de zoologie, de minéralogie et d'ethnologie, ainsi qu'une momie égyptienne offerte en 1847 par Ibrahim Pacha ; un centre de documentation conserve plus de 800 ouvrages et revues consultables sur rendez‑vous.
Le bâtiment appartenait d'abord à la famille Blanes, puis fut cédé aux Çagarriga peu avant la Révolution ; il accueillit le tribunal révolutionnaire en 1793. Au tournant du XXe siècle, des transformations majeures eurent lieu : le plan le plus ancien restituant le rez‑de‑chaussée au XVIIIe siècle est signé Léon Baille et date de 1898, et la construction de l'École primaire supérieure de garçons par Léon Baille entre 1898 et 1901 entraîna l'annexion du jardin de l'hôtel. En 1899, la partie est du rez‑de‑chaussée fut profondément remaniée pour aménager un grand préau séparé de la grande cour par une grille en fer sur mur bahut ; la cour fut agrandie par la destruction de l'orangerie et de la salle de bain, et une loge de concierge fut installée à cheval sur le préau et sur la partie du local destinée au musée. La ville acheta l'hôtel et le muséum s'y installa au premier étage en 1900. En 1964, plusieurs éléments, dont une fenêtre sculptée sur cour et la rampe en fer forgé de l'escalier, furent classés.
L'entrée s'ouvre sur un vestibule qui donne accès à une cour. Au‑dessus de l'arc en anse de panier séparant vestibule et cour, une fenêtre ancienne présente des moulurations en cavet formant colonnettes avec petits chapiteaux à feuillages ; cette baie est protégée par une mouluration extérieure saillante qui forme au centre un petit fronton demi‑circulaire à décrochements. Dans le tympan, un écu ovale timbré d'un heaume de trois‑quarts porte la sculpture de deux arbustes arrachés aux rameaux entrelacés et aux fruits arrondis, encadrée de volutes de feuillage. La mouluration extérieure se retourne en équerre pour reposer verticalement sur des consoles sous lesquelles sont sculptés deux écus présentés par des anges.
À droite de la cour, un arc en anse de panier donne accès à la cage d'escalier dont le départ, étroit et enroulé en cylindre, aboutit à une rampe en fer forgé caractéristique du XVIIIe siècle. La rampe se compose de grands panneaux séparés par des panneaux étroits en forme de balustres, aux dimensions variables selon l'emplacement ; le motif central est une fleur aux pétales droits terminés en demi‑volutes, complétée par quelques S bouclés. Sur les volées suivantes, ce fleuron est encadré par deux grands C enfermant des rameaux feuillus, et au palier la composition évolue encore : le panneau central s'articule autour d'un cartouche vide flanqué des mêmes C doubles, tandis que d'autres panneaux montrent un fleuron transformé en sorte de vase élancé soutenu par des volutes bouclées terminées par une tige perlée et des feuillages entrelacés.
Une fenêtre du XVIe siècle au premier niveau du mur nord de la cour intérieure atteste de l'ancienneté de l'occupation et suggère l'existence d'une demeure importante sur cette parcelle dès le XVIe siècle ou peut‑être antérieurement. De nombreux éléments intérieurs, notamment l'escalier d'honneur, les gypseries et les menuiseries, datent du XVIIIe siècle.