Première mention écrite 1594 (≈ 1594)
Acte citant la « grosse forge d’Aube ».
1635
Installation d’une fenderie
Installation d’une fenderie 1635 (≈ 1635)
Production de fer en barres.
XVIe siècle (première moitié)
Création probable de la forge
Création probable de la forge XVIe siècle (première moitié) (≈ 1650)
Forge de procédé indirect mentionnée.
1798
Extension de la fenderie
Extension de la fenderie 1798 (≈ 1798)
Ajout de logements et ateliers.
1850
Rachat par Pierre-Jean-Félix Mouchel
Rachat par Pierre-Jean-Félix Mouchel 1850 (≈ 1850)
Transition vers le cuivre.
1864-1866
Installation turbine Callon
Installation turbine Callon 1864-1866 (≈ 1865)
Modernisation du système hydraulique.
1868-1895
Ajout d’un pilon à vapeur
Ajout d’un pilon à vapeur 1868-1895 (≈ 1882)
Amélioration des capacités industrielles.
avant 1902
Soufflerie à piston installée
Soufflerie à piston installée avant 1902 (≈ 1902)
Dernière innovation technique majeure.
1909
Fermeture de la tréfilerie
Fermeture de la tréfilerie 1909 (≈ 1909)
Fin de cette activité spécifique.
1939
Arrêt définitif de la forge
Arrêt définitif de la forge 1939 (≈ 1939)
Fin de trois siècles d’activité.
1980
Acquisition par la commune
Acquisition par la commune 1980 (≈ 1980)
Début de la préservation patrimoniale.
21 septembre 1982
Classement monument historique
Classement monument historique 21 septembre 1982 (≈ 1982)
Protection de la forge et ses fours.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Forge (ancienne) avec ses fours et son système hydraulique (cad. A 1108) : classement par arrêté du 21 septembre 1982
Personnages clés
Pierre-Jean-Félix Mouchel - Propriétaire et industriel
Racheta la forge en 1850, orienta vers le cuivre.
Origine et histoire
Le musée de la Grosse Forge d’Aube, situé dans le département de l’Orne en Normandie, est un rare exemple d’établissement métallurgique ayant conservé l’intégralité de son outillage d’origine. Fondée au XVIe siècle, cette forge a évolué au fil des siècles, passant de la production de fer à celle de cuivre après 1850. Ses foyers d’affinerie, son marteau hydraulique et ses logements ouvriers témoignent d’une activité industrielle ininterrompue jusqu’en 1939. Classée monument historique en 1982, elle illustre l’adaptation des techniques métallurgiques aux besoins économiques locaux.
La forge d’Aube, initialement dédiée à l’affinage de la fonte produite au haut fourneau voisin de Saint-Pierre-des-Loges, s’est spécialisée dans le martelage du cuivre après son rachat par Pierre-Jean-Félix Mouchel vers 1850. Des innovations techniques, comme l’installation d’une turbine Callon (1864-1866) et d’un pilon à vapeur (1868-1895), ont modernisé ses ateliers sans altérer leur structure d’origine. Le site, acquis par la commune en 1980, offre un aperçu complet de la vie ouvrière et des procédés industriels des XVIIIe et XIXe siècles, avec ses ateliers, ses cheminées caractéristiques et son système hydraulique toujours visible.
Les fouilles archéologiques ont révélé des traces d’un haut fourneau datant du XVIe siècle, confirmant l’ancienne vocation sidérurgique du lieu. La fenderie, active dès 1635, fut remplacée en 1850 par une tréfilerie, marquant la transition vers le cuivre. Ce métal, désulfuré dans un four ajouté après 1850, fut travaillé jusqu’à la fermeture définitive en 1939. Aujourd’hui, le musée préserve ce patrimoine industriel, incluant les logements ouvriers et les machines, offrant une plongée dans trois siècles d’histoire technique et sociale.
L’architecture du site, mêlant silex, brique et pans de bois, reflète les adaptations successives de la forge. Le bâtiment de l’affinerie, avec ses trois cheminées tronquées, domine le paysage, tandis que les ateliers annexes et les logements témoignent de l’organisation spatiale typique des forges wallonnes. La roue hydraulique du marteau, encore en place, rappelle le fonctionnement initial du site, alimenté par la rivière Risle. Ce patrimoine, exceptionnellement bien conservé, permet de comprendre l’évolution des techniques métallurgiques en Basse-Normandie.
La forge d’Aube employait une dizaine d’ouvriers en 1811, selon les archives. Son activité, centrée sur la transformation des métaux, s’inscrivait dans un réseau local incluant le haut fourneau de Saint-Pierre-des-Loges. Après 1850, la spécialisation dans le cuivre répondait à une demande croissante, notamment pour les applications industrielles. La cessation d’activité en 1939 marqua la fin d’une ère, mais la conservation du site, classée au titre des monuments historiques, en fait aujourd’hui un lieu de mémoire incontournable pour l’histoire industrielle française.
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