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Banc-reposoir napoléonien à Struth dans le Bas-Rhin

Bas-Rhin

Banc-reposoir napoléonien

    13 Rue des Champs
    67290 Struth
Crédit photo : Marieneptune - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
22 avril 1811
Lettre du préfet aux municipalités
1811-1812
Construction des premiers bancs
1853-1854
Seconde vague de construction
1906 et 1910
Abandon de l’entretien
9 mai 1988
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir napoléonien (cad. C 280, 281) : inscription par arrêté du 9 mai 1988

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin (1811) Initiateur des premiers bancs-reposoirs.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin (1853) Relance la construction des bancs sous Napoléon III.
Marie-Louise d'Autriche - Épouse de Napoléon Ier Mère du Roi de Rome, inspiré des bancs.
Impératrice Eugénie de Montijo - Épouse de Napoléon III À l’origine de la seconde vague de bancs.

Origine et histoire

Le banc-reposoir napoléonien de Struth est un monument public construit au XIXe siècle en Alsace, sous l’impulsion des préfets du Bas-Rhin. Ces bancs, appelés Nabele Bänk (« bancs de Napoléon »), furent érigés entre 1811 et 1812 pour célébrer la naissance du Roi de Rome, fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche. Le préfet Adrien de Lezay-Marnésia ordonna leur installation tous les 2,5 km le long des routes, combinant utilité pratique (repos des paysans porteurs de fardeaux) et symbole impérial. Chaque banc était accompagné de tilleuls et de bornes pour déposer les charges.

En 1853, le préfet Auguste-César West relança ce projet à l’occasion du mariage de Napoléon III avec l’impératrice Eugénie, financé cette fois par le département. 448 bancs en grès des Vosges furent construits en 1854, mais beaucoup disparurent par négligence ou destruction. À Struth, ce banc, inscrit aux Monuments Historiques en 1988, témoigne de cette double vocation : commémorative (culte napoléonien) et sociale (soutien aux travailleurs ruraux). Son design inclut une dalle supérieure pour y déposer les paniers et un banc inférieur pour s’asseoir.

Les bancs-reposoirs reflétaient les habitudes rurales alsaciennes du XIXe siècle. Les paysannes portaient leurs paniers sur la tête, protégés par un Wisch (coussin de son), tandis que les hommes utilisaient des hottes en cuir. Ces monuments, souvent placés près des marchés, facilitaient les haltes lors des trajets chargés. Après 1870, sous administration allemande, leur entretien fut abandonné, jugés obsolètes avec l’arrivée des carrioles. Seuls quelques exemplaires, comme celui de Struth, subsistent aujourd’hui, protégés depuis les années 1980.

Le banc de Struth, situé sur la CD 78 (15 Rue des Champs), est propriété du département du Bas-Rhin. Son état de conservation et son inscription en 1988 en font un rare vestige de ce patrimoine utilitaire et politique. Les tilleuls originels, souvent associés à ces monuments, ont pu disparaître, mais la structure en pierre conserve sa forme d’origine, rappelant l’ingéniosité sociale de l’époque napoléonienne.

Liens externes