Origine et histoire de la Nécropole
La nécropole d'Édon, située dans la commune d'Édon en Charente (Nouvelle-Aquitaine), est un ensemble mégalithique remarquable datant du Néolithique. Elle se compose de trois monuments : le dolmen de Pierre Rouge (ou dolmen de Lombertie), le dolmen de la Gélie et le menhir de la Pierre Debout. Ces structures, construites avec des dalles de calcaire silico-ferrugineuses et de grès rougeâtre, illustrent les techniques architecturales et les rituels funéraires de cette époque. L'ensemble a été inscrit monument historique par arrêté du 7 mars 1989, soulignant son importance patrimoniale.
Les deux dolmens présentent une chambre quadrangulaire allongée précédée d'un couloir d'entrée déporté, caractéristique des dolmens de type angoumoisin. Le dolmen de Pierre Rouge conserve une partie de son tumulus et abrite une chambre de 2,80 m sur 2 m, recouverte d'une table de 4,30 m de long. Des fouilles menées en 1870 par Gustave Chauvet y ont révélé des ossements humains, des outils en silex (poignard, armatures de flèches), des tessons de poterie et du matériel moustérien, offrant un aperçu des pratiques culturelles et funéraires néolithiques.
Le dolmen de la Gélie, orienté au sud-est, possède également un tumulus et une chambre de 4 m sur 2 m, recouverte de deux tables en grès. Malgré des pillages antérieurs, les fouilles de Chauvet ont permis d'y découvrir des ossements, une hache polie en silex, une pointe de flèche, une dent de bœuf et des céramiques grises et noires. Ces artefacts témoignent de l'utilisation prolongée du site et de son rôle dans les rituels de la communauté néolithique.
Le menhir de la Pierre Debout, bloc de grès de 2 m de hauteur, complète cet ensemble. Bien que moins étudié que les dolmens, il participe à la dimension sacrée et symbolique du site. Les coordonnées GPS des dolmens (45° 30′ 13′′ N pour Pierre Rouge et 45° 29′ 46′′ N pour la Gélie) permettent de les localiser précisément dans le paysage charentais, marqué par une forte concentration de mégalithes.
Gustave Chauvet (1840-1933), archéologue local, a joué un rôle clé dans l'étude de ces monuments. Ses fouilles, bien que partielles, ont permis de documenter les artefacts et les structures, contribuant à la compréhension du mégalithisme en Charente. Ses travaux, cités dans des publications ultérieures comme celles d'Étienne Patte ou Roger Joussaume, restent une référence pour l'étude de ces sites.
La nécropole d'Édon s'inscrit dans un réseau plus large de sites mégalithiques du Centre-Ouest de la France, reflétant une occupation humaine dense et organisée durant le Néolithique. Ces monuments, à la fois sépultures et marqueurs territoriaux, témoignent des croyances, des techniques de construction et de l'organisation sociale des communautés préhistoriques de la région.