Frise chronologique
Néolithique moyen (vers 4000-3500 av. J.-C.)
Construction des tumulus
Construction des tumulus
Néolithique moyen (vers 4000-3500 av. J.-C.) (≈ 3750 av. J.-C.)
Édification de la nécropole mégalithique.
1844
Première mention écrite
Première mention écrite
1844 (≈ 1844)
Abbé Michon signale deux tumulus.
1874-1876
Fouilles de Chauvet et Lièvre
Fouilles de Chauvet et Lièvre
1874-1876 (≈ 1875)
Identification de onze tumulus et découvertes.
1889
Classement du dolmen B
Classement du dolmen B
1889 (≈ 1889)
Protection au titre des monuments historiques.
1991
Inscription de la nécropole
Inscription de la nécropole
1991 (≈ 1991)
Protection globale du site archéologique.
1998
Fouilles du tumulus B et C
Fouilles du tumulus B et C
1998 (≈ 1998)
Études par José Gomez de Soto.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Nécropole de la Boixe (cad. A 17) : inscription par arrêté du 22 avril 1991
Personnages clés
| Abbé Jean-Hippolyte Michon - Historien local |
Auteur de la première mention écrite (1844). |
| Gustave Chauvet - Archéologue |
Co-fouilleur de la nécropole (1874-1876). |
| Auguste-François Lièvre - Archéologue |
Co-fouilleur et descriptif des tumulus. |
| José Gomez de Soto - Archéologue contemporain |
Fouilles des tumulus B et C (1998). |
Origine et histoire
La nécropole de la Boixe est un ensemble de onze tumulus répartis sur les communes de Vervant, Maine-de-Boixe et Cellettes, dans le département de la Charente. Ces monuments funéraires, édifiés au Néolithique, sont alignés sur une ligne de crête à 166 m d’altitude, dominant la vallée de la Charente. Quatre tumulus (A, B, G et H) se distinguaient par leur taille imposante, tandis que les autres présentaient des architectures variées : chambres circulaires, quadrangulaires ou polygonales, recouvertes par encorbellement ou par des dalles de couverture.
Les premières mentions des tumuli remontent à la Statistique monumentale de la Charente (1844) de l’abbé Michon, qui en signale deux près de la forêt de Boixe. Entre 1874 et 1876, Gustave Chauvet et Auguste-François Lièvre fouillent la nécropole et identifient onze tumulus (nommés de A à K), notant que trois à cinq autres avaient été détruits pour récupérer leurs pierres. Le dolmen B, classé dès 1889, et l’ensemble de la nécropole, inscrit en 1991, révèlent des pratiques funéraires complexes, avec des dépôts humains datés du Néolithique moyen et final.
Le tumulus A, aujourd’hui disparu, abritait un dolmen dont la table de couverture (15 tonnes), appelée Pierre du Sacrifice, porte une rainure souvent interprétée à tort comme une rigole pour le sang. Les fouilles ont mis au jour des objets caractéristiques du Néolithique moyen (haches polies, armatures de flèches, céramiques) et des réutilisations tardives, comme à l’Âge du bronze. Les tumulus B et C, fouillés en 1998, ont révélé des chambres funéraires structurées, avec des gravures (haches, bandes verticales) et des parements concentriques.
Les tumulus D à J, de tailles et formes variées, contenaient des sépultures collectives, parfois réutilisées, avec un mobilier archéologique incluant des ossements, des outils en silex ou en os, et des parures. Le tumulus K, sans structure interne, n’a livré aucun vestige. Le folklore local évoque des légendes, comme celle de petits hommes velus ayant transporté les pierres du dolmen A. Ces monuments illustrent l’importance des pratiques funéraires néolithiques en Charente.
La nécropole, protégée depuis 1991, témoigne de l’ingéniosité architecturale des sociétés néolithiques, avec des techniques de construction variées (encorbellements, dalles de couverture, parements) et une organisation spatiale réfléchie. Les fouilles du XIXe et XXe siècles ont permis de documenter ces structures, tout en révélant les destructions liées à la récupération des matériaux pour les routes ou les constructions locales.