Frise chronologique
vers 2500 av. J.-C.
Traces néolithiques
Traces néolithiques
vers 2500 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Silex taillés et pointe de flèche.
vers 800 av. J.-C.
Construction des tumuli
Construction des tumuli
vers 800 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Période de l'âge du bronze.
Ier-IIe siècles
Occupation gallo-romaine
Occupation gallo-romaine
Ier-IIe siècles (≈ 250)
Maisons construites sur tumuli.
1879
Premières fouilles
Premières fouilles
1879 (≈ 1879)
Menées par Jean Martin.
4 mai 1934
Classement des tumuli 1 et 2
Classement des tumuli 1 et 2
4 mai 1934 (≈ 1934)
Monuments historiques.
1962
Recensement de 23 tertres
Recensement de 23 tertres
1962 (≈ 1962)
Après crues de la Saône.
1986-1987
Fouilles d'urgence
Fouilles d'urgence
1986-1987 (≈ 1987)
Tumuli 3 et 4 explorés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean Martin - Archéologue |
Dirigea les premières fouilles en 1879. |
| Jean Duriaud - Auteur d'une étude |
Plaquette sur la nécropole (1991). |
Origine et histoire
La nécropole des Près-de-l'Eau, située à Lacrost (Saône-et-Loire), s'étend sur 15 hectares près de la Saône. Elle compte environ 40 tumuli alignés nord-sud, de tailles variables (5 à 45 m de diamètre, jusqu’à 1,8 m de hauteur). Deux tumuli sont classés monuments historiques depuis 1934. Les terrains, à la fois cultivés et inondables, ont effacé de nombreux tertres, rendant certains invisibles.
Les premières fouilles, menées en 1879 par Jean Martin pour la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, ont exploré les tumuli 1 et 2. Le tumulus 1, simple amas de terre, abritait une urne cinéraire avec des ossements calcinés et un squelette de bœuf à proximité. Le tumulus 2, plus complexe, présentait un muret circulaire en pierre et une urne avec un vase offrande, mais sans restes humains. Les objets découverts sont conservés au musée Greuze de Tournus.
En 1962, 23 tertres furent recensés après des crues de la Saône. Dans les années 1980, labours et inondations ont détruit la majorité des tumuli, ne laissant que les tumuli 1 et 2 protégés. Des fouilles d’urgence en 1986-1987 sur les tumuli 3 et 4 ont révélé des structures variées : le tumulus 3, doté d’une ceinture de dalles de 19 m de diamètre, avait été perturbé par un four à chaux romain tardif ; le tumulus 4 contenait deux urnes avec des ossements brûlés dans l’une d’elles. Une fouille en 1989 sur le tumulus 35 a mis au jour un bracelet en lignite, un récipient globuleux et des ossements calcinés.
Les tumuli, construits sur des aires nettoyées par le feu, se déclinent en quatre types : simple accumulation de terre, cœur argileux, ceinture de dalles enfouies, ou muret circulaire. Les vases découverts datent de l’âge du bronze (vers 800 av. J.-C.), mais des silex néolithiques (vers 2500 av. J.-C.) et des objets gallo-romains (Ier-IIe siècles) attestent d’une occupation prolongée. Des vestiges de maisons gallo-romaines, parfois bâties sur les tumuli pour éviter l’humidité, ont aussi été identifiés. D’autres nécropoles existent aux alentours, comme aux Varennes (Lacrost) ou à Ormes-Simandre.
Les recherches, initiées au XIXe siècle et poursuivies jusqu’aux années 1980, ont permis de documenter partiellement ce site majeur. Seuls 3 des 5 tumuli fouillés ont livré des ossements. La nécropole illustre ainsi une fréquentation funéraire et domestique continue, du néolithique à l’époque gallo-romaine, dans un environnement marqué par les crues de la Saône et les activités agricoles.