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Nouveau centre urbain à Douvaine en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Nouveau centre urbain

    16 Rue du Marché
    74140 Douvaine

Frise chronologique

Époque contemporaine
2000
1972
Lancement du projet
1er novembre 1974
Inauguration salle polyvalente
1972-1977
Construction partielle
1977
Abandon du projet
2003
Labellisation Patrimoine du XXe siècle
20 janvier 2017
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, les éléments suivants subsistant du projet de « nouveau centre urbain » : la salle polyvalente, l'école maternelle (à l'exclusion des adjonctions récentes), les arcades de la place publique et le transformateur électrique, tel qu'indiqué sur le plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 20 janvier 2017

Personnages clés

Jacques Miguet - Maire de Douvaine (années 1970) Initiateur du projet, battu en 1977.
Jean-Louis Chanéac - Urbaniste Auteur du plan d’occupation des sols (POS).
Claude Costy - Architecte Conçoit l’école maternelle et le mobilier.
Pascal Häusermann - Architecte Créateur des Domobiles et salle polyvalente.

Origine et histoire

Le Nouveau centre urbain de Douvaine, situé en Haute-Savoie, est un projet architectural avant-gardiste lancé en 1972 par le maire Jacques Miguet. Conçu par le couple d’architectes Claude Costy et Pascal Häusermann, sous la direction urbanistique de Jean-Louis Chanéac, il visait à créer un cœur urbain innovant, combinant commerces, équipements publics et logements modulables. Le plan d’occupation des sols (POS) en trois dimensions, élaboré par Chanéac, proposait des circulations aériennes et une gestion spatiale volumétrique, abandonnant la notion traditionnelle de parcelles au sol.

Le projet prévoyait une place centrale ronde entourée d’arcades, un mât de 30 mètres avec une plateforme touristique, un centre commercial de 30 à 50 boutiques, et des équipements comme une piscine olympique, une école maternelle, une salle polyvalente et une auberge. Les logements, appelés Domobiles, devaient être des cellules plastiques modulables, assemblables et démontables à volonté, gérées par une société civile immobilière (SCI) dirigée par les habitants. Ces habitations, disséminées sur des terrains publics, devaient être reliées par des passerelles équipées de canalisations.

Le chantier débuta en 1972, mais fut marqué par des difficultés financières et politiques. Le premier choc pétrolier de 1973 tripla le coût des Domobiles, réduisant leur réalisation à quelques éléments comme les vestiaires de la salle polyvalente. En 1977, après la défaite électorale de Jacques Miguet, le projet fut abandonné. Seuls furent achevés l’école maternelle (1977-1978), la salle polyvalente (inaugurée en 1974), une partie des arcades de la place centrale, et un abri pour transformateur électrique.

L’école maternelle, conçue par Claude Costy, se distingue par son architecture en sphères assemblées, avec une coupole centrale abritant cantine et salle de jeux. La salle polyvalente, d’un diamètre de 50 mètres, pouvait accueillir 1 500 personnes et abritait un terrain multi-sports, des gradins, et un bassin suspendu. Cependant, des malfaçons (fuites, finitions défectueuses) conduisirent au remplacement de sa toiture bombée en 1983. Les arcades, partiellement détruites dans les années 1990, servirent ensuite de préau pour l’école primaire.

Longtemps controversé, le projet fut critiqué pour son coût et son architecture jugée utopique. Après des décennies de dégradations et de modifications (peintures vives, destruction partielle des arcades), sa valeur patrimoniale fut reconnue : labellisé Patrimoine du XXe siècle en 2003 par la DRAC, il fut inscrit aux monuments historiques en 2017. Aujourd’hui, il reste le seul exemple bâti d’urbanisme prospectif en France et un rare ensemble d’architecture-bulles.

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