Origine et histoire du Nid de Cigognes
Le Nid de Cigognes est un édifice civil situé à Riquewihr, dans le Haut-Rhin, datant principalement des XVIe et XVIIe siècles. Ce bâtiment en moellons de grès, avec des chaînes d'angle et des pignons à redents, se distingue par son nom évocateur, lié à la présence historique d'un nid de cigognes sur son faîtage. La façade sud, à décrochement, combine des éléments anciens (fenêtres des XVIe et XVIIe siècles) et des remaniements du XIXe siècle. À l'intérieur, des détails architecturaux comme un plafond à solives daté de 1662, un escalier en bois hélicoïdal de 1663, et des fenêtres gothiques tardives témoignent de son évolution.
La maison porte les traces de plusieurs propriétaires et transformations. En 1535, une fenêtre gravée aux initiales de Wilhelm Bart et au millésime MDXXXV atteste d'une reconstruction partielle. Les initiales H I et la date 1663 sur l'escalier suggèrent un remaniement par un autre propriétaire. Au XIXe siècle, des restaurations (1853, 1908) ont modifié la façade rue, supprimant un oriel et modernisant certaines ouvertures. La dépendance en fond de cour, incluant un pressoir et des galeries en pan de bois, reflète son usage mixte (habitation, commerce, agriculture).
Classé Monument Historique en 1930 pour ses façades, galeries, toitures et puits de 1603, le bâtiment abrite aujourd’hui un musée dédié à l’artiste Hansi et des espaces commerciaux. Son nom, Au Nid de cigognes, remonte au moins au XVIe siècle, symbolisant son ancrage dans le patrimoine alsacien. Les coursières en pan de bois, les fenêtres sculptées et les éléments défensifs (comme les redents) illustrent l’architecture civile de la Renaissance tardive en Alsace, mêlant fonctionnalité et décoration.
Le corps de passage, autrefois à deux étages, a été modifié au fil des siècles pour ne conserver qu’un niveau sous un toit à longs pans. La dépendance nord, avec son passage charretier et ses étables, évoque l’organisation économique des maisons vigneronnes de Riquewihr, ville réputée pour son vin depuis le Moyen Âge. Les aménagements successifs (restauration de 1908 par l’architecte Edouard Spittler) ont préservé son caractère tout en l’adaptant à des usages contemporains.