Origine et histoire de Notre-Dame d'Ay
Le sanctuaire Notre-Dame d’Ay, situé sur un éperon rocheux à Saint-Romain-d'Ay (Ardèche), trouve ses origines au Moyen Âge, probablement lors de la Troisième croisade. Il était à l’origine la chapelle d’un château-fort appartenant aux comtes de Tournon, abritant une statue de Vierge noire appelée « Notre-Dame d’Ay ». Ce lieu devint un site de dévotion mariale, marqué par des processions dès le XVIIe siècle.
Durant les guerres de Religion, le sanctuaire et sa statue médiévale furent détruits. Une copie de la Vierge noire, toujours visible aujourd’hui, fut installée plus tard. À la Révolution, la chapelle fut déclarée bien national et achetée par Antoine Farigoules, qui y installa sa résidence tout en préservant les objets sacrés. En 1797, le Père Joseph Laurent en devint le chapelain pendant douze ans, avant que le sanctuaire ne revienne à la paroisse locale.
Au XIXe siècle, Jeanne de Larochette entreprit une restauration majeure de la chapelle entre 1831 et 1834, ajoutant un chœur, une voûte et un clocher. En 1835, l’évêque de Viviers bénit le nouveau lieu de culte et confia le sanctuaire aux jésuites, qui en firent un centre de pèlerinage florissant. En 1880, les décrets anti-congrégations expulsèrent les jésuites, mais le pèlerinage persista. Un événement marquant eut lieu en 1890 : une statue monumentale de la Vierge fut érigée sur le clocher, et la Vierge noire fut couronnée « reine du Haut-Vivarais » lors d’une cérémonie rassemblant 20 000 fidèles et sept évêques.
Le XXe siècle vit des périodes de fermeture temporaire (1903) et le départ définitif des jésuites en 1954. La Vierge noire fut classée monument historique en 1968, et le site fut inscrit à l’inventaire des sites pittoresques de l’Ardèche en 1982. Aujourd’hui, le sanctuaire, rattaché à la paroisse Saint-François Régis des vals d’Ay et de la Daronne, accueille pèlerins, expositions culturelles et célébrations mariales, perpétuant une tradition de dévotion et de sérénité.
Le site comprend une chapelle néoclassique à nef unique, ornée d’ex-voto et de vitraux, ainsi qu’un parc avec chemins de croix, sculptures et esplanades. Des infrastructures modernes (salles d’exposition, hébergements) complètent l’accueil des visiteurs. Le sanctuaire reste un symbole spirituel et historique du Haut-Vivarais, lié à des figures comme saint Jean-François Régis ou le curé d’Ars.
Les pèlerinages annuels, comme ceux du mois de mai ou de l’Assomption, attirent des fidèles de la région et au-delà. L’association « Les amis de Notre-Dame d’Ay », créée en 1982, organise des événements culturels et entretient ce patrimoine, mêlant foi, histoire et art dans un cadre naturel préservé.