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Église Notre-Dame-de-l'Assomption de Lessard-en-Bresse en Saône-et-Loire

Saône-et-Loire

Église Notre-Dame-de-l'Assomption de Lessard-en-Bresse

    11 Le Bourg
    71440 Lessard-en-Bresse

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1700
1800
1900
2000
Ve ou VIe siècle
Première église construite
1776
Interdiction du culte
1823
Début de la reconstruction
1840
Effondrement du clocher
1844
Agrandissement et contreforts
1950
Inauguration de la grotte mariale
1987-1988
Rénovations majeures
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Curé Constantin - Curé de Lessard (1774-1811) Prêta serment civique en 1791, nommé curé constitutionnel.
Architecte Zolla - Auteur des plans de 1822 Dirigea la reconstruction de l’église à partir de 1823.
Époux Gaudillat-Guitaud - Donateurs de l’horloge (1894) Offrirent une horloge pour leur 50e anniversaire.
M. Poisol - Constructeur local Fournit le sable et participa aux travaux (1825-1828).
Architecte Gillet - Auteur du devis de 1841 Conçut l’agrandissement après l’effondrement du clocher.

Origine et histoire

L’église Notre-Dame-de-l'Assomption de Lessard-en-Bresse trouve ses origines entre le Ve et le VIe siècle, lorsque les moines de Saint-Marcel y édifièrent un premier lieu de culte. Au fil des siècles, elle changea plusieurs fois de vocable (Saint-Georges en 1633, Notre-Dame en 1710) et subit des dégradations majeures, notamment au XVIIIe siècle, où sa vétusté entraîna l’interdiction du culte en 1776. Les plans de reconstruction, dressés dès 1778, ne furent concrétisés qu’à partir de 1823, après des décennies de reports liés aux bouleversements révolutionnaires et aux contraintes financières.

La reconstruction de l’église, initiée en 1823 sous la direction de l’architecte Zolla, utilisa les matériaux récupérés de l’ancienne église et de la chapelle de Tronchy. Le clocher, érigé cette même année, s’effondra en 1840 sous l’effet des intempéries, nécessitant une reconstruction partielle et l’ajout de contreforts en 1844. L’édifice devint alors le symbole de la paroisse unie de Lessard-Tronchy, abritant les cloches des deux villages. Son histoire reflète les tensions locales, comme les conflits avec le curé de Saint-Germain-du-Plain, accusé d’avoir poussé à sa suppression en 1810.

Au XIXe siècle, l’église fut dotée d’éléments emblématiques : une première horloge en 1869, financée par la commune, puis une seconde en 1894, offerte par les époux Gaudillat-Guitaud pour leur anniversaire de mariage. En 1904, une statue de Saint Michel fut installée sur la façade, tandis qu’en 1950, une grotte mariale fut inaugurée près du village, commémorant l’épargne des communes pendant la Seconde Guerre mondiale. Les réparations successives (1987-1988) permirent de préserver cet édifice, toujours actif comme lieu de culte catholique.

L’architecture de l’église, sobre et fonctionnelle, se compose d’une nef unique prolongée par un chœur semi-circulaire, précédé d’un clocher-porche massif. À l’intérieur, un Christ en croix du XVIIIe siècle témoigne du patrimoine mobilier conservé. Son histoire, marquée par des reconstructions et des adaptations, illustre la résilience des communautés rurales de Bresse face aux aléas politiques, climatiques et économiques.

Les archives révèlent aussi le rôle central de l’église dans la vie civique locale : lieu de votes pendant la Révolution (1790), de serments comme celui du curé Constantin en 1791, ou de rassemblements communautaires. Les conflits pour sa reconstruction, les dons des habitants (comme celui des Gaudillat-Guitaud), et les processus décisionnels (délibérations municipales, secours de l’État) soulignent son ancrage dans la vie sociale et religieuse de Lessard-en-Bresse et Tronchy.

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