Crédit photo : Marianne Casamance - Sous licence Creative Commons
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Frise chronologique
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1115
Rattachement à Saint-Ruf
Rattachement à Saint-Ruf 1115 (≈ 1115)
La chapelle dépend du prieuré de Valence.
1330
Don aux Baux d'Orange
Don aux Baux d'Orange 1330 (≈ 1330)
Guigues VIII cède le fief.
XIVe siècle
Fortification de la chapelle
Fortification de la chapelle XIVe siècle (≈ 1450)
Ajout de mâchicoulis et créneaux.
1667
Acquisition par Robert d’Acqueria
Acquisition par Robert d’Acqueria 1667 (≈ 1667)
Unification avec Rochegude.
1774
Fin de la desserte par Saint-Ruf
Fin de la desserte par Saint-Ruf 1774 (≈ 1774)
Abandon du prieuré.
1926
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 1926 (≈ 1926)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église Notre-Dame-des-Aubagnans et le bâtiment attenant du prieuré demeurant en élévation, situés 736 chemin des Demoisellettes, sur la parcelle n° 536, figurant au cadastre section B : inscription par arrêté du 26 octobre 2021
Personnages clés
Guigues VIII de Viennois - Dauphin du Viennois
Cède le fief aux Baux.
Clément VI - Pape
Revendique Rochegude en 1343.
Humbert II de Viennois - Dauphin du Viennois
Transige avec Clément VI.
Robert d’Acqueria - Propriétaire
Acquiert le fief en 1667.
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-des-Aubagnans, située à Rochegude, est une chapelle romane fortifiée dont le gros œuvre date du XIIe siècle. Elle fut édifiée sur un petit mamelon à 113 mètres d’altitude, sur le site d’un ancien vicus gallo-romain nommé Albagnanius, l’un des plus anciens de la région. Ce monument dépendait, dès 1115, du prieuré de l’abbaye Saint-Ruf de Valence, dont les chanoines en étaient les décimateurs. Son architecture combine des éléments romans, comme l’abside en petit appareil régulier partiellement datée du IXe siècle, et des renforcements défensifs ajoutés au XIVe siècle, tels que des mâchicoulis, des meurtrières et des créneaux, reflétant son rôle de refuge pour les habitants.
Le fief des Aubagnans, initialement sous la suzeraineté de la baronnie de Montauban-sur-l'Ouvèze, passa aux Dauphins du Viennois au XIVe siècle. Il devint une enclave delphinale dans le Comtat Venaissin, un statut conservé jusqu’à la Révolution. La chapelle, inscrite aux monuments historiques depuis 1926, illustre l’art roman provençal avec une nef voûtée à 9,95 mètres, des arcs doubleaux et une façade occidentale dotée d’une bretèche défensive. Son histoire est marquée par des destructions partielles, notamment lors des guerres de Religion, et par son abandon progressif après la suppression de l’ordre de Saint-Ruf au XVIIIe siècle.
Le site, occupé dès l’Âge du Fer, abritait aussi une villa gallo-romaine dont témoignent des vestiges archéologiques, comme une statue de Bacchus en marbre blanc, aujourd’hui exposée au musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Le toponyme Aubagnans dérive du nom gallo-romain Albanius, évoluant à travers les siècles (Albagnanius en 1135, Albanhano en 1206). La chapelle, avec son bâtiment attenant en ruine, reste un témoignage des dynamiques politiques et religieuses de la région, entre influence dauphinoise et pouvoir pontifical.
Les fortifications de la chapelle, incluant des archères et un passage ménagé dans l’épaisseur des murs, répondaient aux menaces des routiers, mercenaires désœuvrés qui ravageaient la région après les conflits. Le prieuré, uni à Rochegude au XVe siècle par les Saluces, fut finalement acquis par Robert d’Acqueria en 1667. Malgré sa commende, il resta desservi par les chanoines de Saint-Ruf jusqu’en 1774. Aujourd’hui, le monument, propriété de la commune, conserve des éléments remarquables comme une corniche de modillons du XIe siècle et une couverture en lauzes.
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