Obélisque de Louxor à Paris à Paris 8ème dans Paris 8ème

Patrimoine classé Monument Obélisque

Obélisque de Louxor à Paris

  • Place de la Concorde
  • 75008 Paris 8e Arrondissement
Obélisque de Louxor - Paris 8ème
Obélisque de Louxor à Paris
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Obélisque de Louxor à Paris
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Obélisque de Louxor à Paris
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300 av. J.-C.
1200 av. J.-C.
0
1800
1900
2000
XIIIe siècle av. J.-C.
Construction initiale
1830
Don à la France
25 octobre 1836
Érection à Paris
1845
Offre de l'horloge
1984
Rendu de l'obélisque
1998
Ajout du pyramidion
2022
Restauration récente
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Obélisque de Louqsor : classement par arrêté du 13 avril 1937

Personnages clés

Méhémet Ali Vice-roi d'Égypte
Jean-François Champollion Égyptologue ayant choisi l'obélisque pour son transport en France.
Charles X Roi de France
Louis-Philippe Ier Roi de France ayant décidé de l'érection de l'obélisque place de la Concorde.
François Mitterrand Président de la République française
Ramsès II Pharaon ayant commandé la construction de l'obélisque.
Apollinaire Lebas Ingénieur ayant dirigé l'érection de l'obélisque en 1836.
Jacques Hittorff Architecte ayant conçu le piédestal de l'obélisque.
Alain Robert Grimpeur ayant escaladé l'obélisque en 2000.
Jean-Guillaume Olette-Pelletier Égyptologue ayant étudié les inscriptions de l'obélisque en 2021.

Origine et histoire de l'Obélisque

Obélisque de Louqsor

L'obélisque de Louqsor se dresse au centre de la place de la Concorde, dans le 8e arrondissement de Paris ; il provient du temple d'Amon de Louxor en Égypte et date du XIIIe siècle av. J.-C. Offert à la France au début des années 1830, il est érigé à Paris depuis 1836 et a été classé monument historique en 1937, ce qui en fait le plus ancien monument de la ville. Le deuxième obélisque du temple est resté en Égypte et la France a renoncé à le réclamer définitivement par une annonce officielle du 26 septembre 1981. En contrepartie du don, Louis-Philippe Ier offrit en 1845 une horloge en cuivre pour la citadelle du Caire ; celle-ci ne fonctionna guère avant d'être réparée en 2021.

Les plans d'abattage et de transport furent établis par l'ingénieur de la Marine Armand Florimond Mimerel, et Jean-François Champollion choisit l'obélisque le mieux conservé, celui situé à l'ouest du temple. Un navire spécialement construit pour l'opération, la barge Louxor commandée par Raymond de Verninac Saint-Maur, embarqua le monolithe après le creusement d'un canal entrepris par 300 fellahs, puis attendit la crue du Nil pour pouvoir flotter et gagner la Méditerranée. Le convoi connut plusieurs étapes et aléas — traversée du Nil, passage de la barre, attente des bonnes conditions météorologiques et remorquage par la corvette Sphinx — avant d'arriver en France et d'être déposé couché sur le quai du Cours-la-Reine à Paris en décembre 1833. Louis-Philippe Ier décida d'ériger l'obélisque au centre de la place de la Concorde pour remplacer le monument précédemment élevé en l'honneur de Louis XVI, dont la statue avait été détruite en 1830, et ainsi éviter les querelles mémorielles.

L'obélisque fut dressé le 25 octobre 1836 par l'ingénieur Apollinaire Lebas, avec l'aide de machines élévatrices et de puissants cabestans ; lors de son implantation il subit une rotation d'environ 90° dans le sens antihoraire, de sorte que la face originellement orientée à l'est se retrouve au nord, situation évoquée par le médaillon au sol : « Au levant de Thèbes surgit à Paris le Nord. » L'histoire du transport et de l'érection est gravée sur le haut du piédestal.

Le monolithe mesure 23 mètres et pèse 222 tonnes, auxquelles s'ajoutent les 240 tonnes du piédestal ; son sommet atteint 33,37 mètres. Un médaillon placé à une dizaine de mètres au nord du monument marque la position de l'extrémité de son ombre à midi lors du solstice d'été. Le monument a fait l'objet d'une restauration en 2022 et est desservi par la station de métro Concorde.

L'obélisque est taillé dans une syénite rose extraite des carrières de Syène (l'actuel Assouan), où l'on a par ailleurs découvert un obélisque inachevé. À l'origine, il reposait sur une base carrée décorée de seize babouins dressés ; un fragment de ce socle fut rapporté en France mais, jugé choquant pour la sensibilité du XIXe siècle, n'a pas été installé sur la place et figure aujourd'hui dans la section des antiquités égyptiennes du musée du Louvre. Le piédestal actuel, conçu par Jacques Hittorff lors du réaménagement de la place, est composé de cinq blocs de granite rose provenant des carrières de l'Aber-Ildut en Bretagne ; deux faces représentent le prélèvement, le transport et le remontage de l'obélisque, tandis que les deux autres portent des inscriptions rappelant le patronage de Louis-Philippe et l'engagement égyptien de la France depuis Napoléon Ier. L'ensemble est entouré d'une grille de 323 piques métalliques dorées.

Les faces de l'obélisque sont ornées de hiéroglyphes, parmi lesquels on remarque le cartouche de Ramsès II figurant le roi faisant une offrande au dieu Amon-Rê ; une traduction a été proposée en 1868 par l'égyptologue François Chabas, et en 2025 Jean-Guillaume Olette-Pelletier a mis en lumière la présence de cryptographies hiéroglyphiques soulignant la portée de propagande du monument sous Ramsès II.

Le sommet est surmonté d'un pyramidion de 3,60 mètres réalisé en tôle de bronze laminé et doré à la feuille d'or par les ateliers Gohard, posé en mai 1998 avec le soutien de la fondation Bergé–Saint Laurent ; il remplace un ornement antérieur disparu lors d'invasions en Égypte au VIe siècle, selon certaines études. Le pyramidion a subi des dégradations, notamment du fait des oiseaux, et une restauration a été engagée en 2022 ; une pointe en acier recouverte de feuilles d'or a été installée au sommet le 20 juin 2023 par des ateliers d'art spécialisés sous l'autorité du ministère de la Culture.

L'idée d'utiliser l'obélisque comme gnomon remonte à Camille Flammarion en 1913, sans suite en raison de la guerre, et des projets ultérieurs furent interrompus en 1939 par le second conflit mondial ; l'installation d'un cadran solaire horizontal, réalisée grâce à la Société astronomique de France, est effective depuis le 21 juin 1999. L'ombre de l'obélisque indique l'heure grâce à des clous et des lignes thermocollées tracées sur les terre-pleins piétonniers et la chaussée, avec des lignes horaires figurant entre 7 h et 17 h et la ligne des équinoxes également marquée ; le prolongement des lignes converge vers un point situé sur la méridienne de l'obélisque à 29 mètres au sud, et la droite joignant ce point au sommet fait un angle d'environ 49° avec l'horizontale, correspondant à la latitude de Paris. Pour convertir le temps solaire vrai indiqué par l'ombre en heure légale, il faut ajouter 51 minutes en hiver ou 1 heure 51 en été en raison de la position par rapport au méridien de Greenwich et du fuseau horaire, puis tenir compte de l'équation du temps qui peut varier d'environ quinze minutes ; la principale source d'imprécision reste le flou de l'ombre dû au diamètre apparent du Soleil.

Des ascensions notables ont été rapportées : en 2000 le grimpeur Alain Robert escalada l'obélisque sans prévenir les autorités, et en 2021 l'égyptologue Jean-Guillaume Olette-Pelletier a pu accéder au sommet grâce à l'échafaudage installé pour la restauration afin d'étudier les scènes et inscriptions. L'obélisque a donné lieu à des évocations culturelles, notamment l'exposition « Le Voyage de l'obélisque » au musée national de la Marine en 2014, et il fut recouvert le 1er décembre 1993 d'un préservatif rose géant lors d'une action d'Act Up-Paris destinée à sensibiliser à l'épidémie du sida. Enfin, la face actuellement orientée au sud-sud-ouest porte une fissure consolidée dès l'Antiquité par des queues-d'aronde ; on y observe aussi des hiéroglyphes et une inscription latine sur le piédestal.

Liens externes